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0409 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 409 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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il avait accepté ce jour-là. En revanche, nous constatons, dans le
chapitre correspondant du Lalita-vistara (XVIIIe) qui relate tous ces
incidents, de curieuses préoccupations de mise en scène et un
souci constant de l'aspect plastique du Bodhisattva. Six années
d'austérités l'ont en effet, comme nous venons de le voir, singu-
lièrement changé au physique; sa barbe a poussé et ses vêtements
«usés» glissent sur la nudité de son torse maigre. Dans l'état où
il est réduit, le voilà bien loin de ce type de Buddha déjà adopté
par lui à l'avance, et qu'il lui faut recouvrer. Aussi est-il stipulé,
pour que nul n'en ignore, qu'un deva lui apporte un nouveau cos-
tume de religieux; après son bain, il se débarrasse apparemment
de sa barbe superflue et de l'excès de sa chevelure, car il est écrit
que Sujātā recueille ces précieuses reliques; enfin le seul fait
d'avoir repris un peu de nourriture aurait suffi pour qu'«instan-
tanément» reparussent, avec son ancienne beauté, tous les signes
corporels qui pronostiquaient sa mission surhumaine. Ainsi donc,
le Bodhisattva se retrouve sous l'aspect d'un Buddha au moment
où il va se mettre en marche vers le siège de la Sambodhi : aussi
bien ne s'en relèvera-t-il le lendemain même, que parvenu, dans
le fond comme dans la forme, à l'état de Buddha parfait. D'autre
part, tandis que les six années d'austérités se résument en un seul
tableau, les épisodes figurés vont maintenant se multipliant à
mesure qu'approche la crise finale, sur le bref chemin, toujours
fréquenté des pèlerins, qui mène des bords de la Nairañjanā (au-
jourd'hui la Lilānj) à la place où croissait l'arbre de la Science et
où son rejeton continue à reverdir.

L'HYMNE DE KĀLIKA. — Cette «allée à faire de l'Illumination»
(Bodhi-maṇḍa-gamana) nous est décrite dans les textes comme une
sorte de marche triomphale. Deux incidents la coupent, assez
pittoresques pour avoir tenté la veine des sculpteurs : c'est, à
savoir, l'«hommage» ou plutôt l'«hymne louangeur» (stuti) du roi
des Nāgas Kālika et «la rencontre avec le coupeur d'herbes». Le