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0450 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 450 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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au moins sur cette frise, pour déterminer le sens de la scène. Toute-
fois un scrupule est venu au sculpteur : les entrevues du Buddha
avec les dieux — sans parler de leurs pareils, les rois — sont
si fréquentes dans la légende que, réduite à ces traits essentiels,
celle-ci pouvait prêter à confusion. L'on nous contera par exemple,
tout à l'heure, que Brahmâ et Indra, avec les quatre gardiens du
monde, rendaient visite au Bienheureux alors qu'il résidait dans
ces mêmes parages, chez l'anachorète Kâçyapa d'Uruvilvâ. Comment
fixer l'occasion particulière de cette scène? Trois fleurs, dont il se
sert (cf. fig. 210) pour distinguer le siège de la Sambodhi entre
tous les autres trônes, achèveront de renseigner le fidèle averti.
Dès lors, il ne peut plus y avoir de doute pour lui sur le moment
de la carrière du Buddha où se place l'épisode en question, ni
sur la nature de la requête que lui adressent ses interlocuteurs :
c'est l'« invitation à la prédication » qui est ici représentée.

A la vérité, il y aurait une difficulté si l'on s'attachait à la lettre
des textes ou si l'on traitait dans la grande rigueur le laksana ou
signe de reconnaissance que s'est avisé d'employer notre sculpteur.
Ce n'est plus, en effet, sur le trône ni sous le « figuier religieux »
de l'Intelligence, mais bien sous un « figuier indien » du voisinage
que le Bienheureux se trouve en ce moment assis. Sans doute,
l'artiste de Sikri ne l'ignorait pas plus que nous : tout comme
sur la figure 210, il n'a employé ici l'indication conventionnelle
du futur vajrâsana que pour déterminer le moment et non le lieu de
la scène. D'autre part, si, faute d'autre moyen de rapporter son
sujet au cycle de la Bodhi, il s'est servi de la marque discrète des
trois fleurs, il s'est prudemment abstenu de figurer aucun arbre.
C'est à un parti mixte que s'est arrêté l'auteur du bas-relief
de Loriyân-Tangaï (fig. 213) : le Maître y est assis à la fois sur
un trône orné et sous un figuier indien; de plus, les mains dans son
giron, il continue sa méditation commencée comme indifférent
aux prières des dieux qui se pressent sur trois rangs superposés
des deux côtés de sa personne. Leur nombre d'ailleurs ne fait rien