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0473 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 473 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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d'Uruvilvâ et que les deux autres se convertissent successivement sur la foi et à l'exemple de leur aîné, nos sculpteurs et — peut-être à leur suite — le Mahâvastu le mettent régulièrement aux prises avec les trois frères à la fois et donnent leur triple conversion comme simultanée. Là ne se bornent pas d'ailleurs les transformations qu'a subies la légende dans l'Inde du Nord. La victoire sur le mauvais serpent est, dans le Mahâvagga, le premier prodige accompli par le Bienheureux, et fait d'ailleurs long feu, puisque la croyance du vieux Kâçyapa en sa propre supériorité n'en est nullement ébranlée : le Mahâvastu stipule au contraire que ce miracle est le dernier, et qu'il produisit un effet décisif sur l'esprit des trois frères. Ce n'est donc pas sans raison que nous l'avons gardé pour la fin. Doit-il au nombre des répliques qui le figuraient l'importance prépondérante qu'il avait ainsi fini par prendre dans l'imagination des fidèles? Ce qui est sûr, c'est que nous en connaissons nombre de reproductions. A l'ancien motif, déjà traité à Sânchi et à Amarâvatî, de la lutte avec le serpent dans le sanctuaire, l'art gréco-bouddhique en a même, comme nous allons voir, ajouté un autre, inconnu (et pour cause) à l'ancienne école, à savoir la présentation par le Buddha du serpent roulé au fond de son bol à aumônes.

La victoire sur le serpent. — Ici encore, et quelle que soit d'ailleurs l'espèce de relation qu'il faille imaginer entre eux, c'est le texte du Mahâvastu qu'il nous faut suivre pour préciser le sens des monuments : « Ainsi le Bienheureux convertit à l'aide de cinq cents miracles les trois frères, Kâçyapa d'Uruvilvâ en tête, avec tout leur entourage. Dernier miracle : Le Bienheureux, désireux de se coucher, dit à Kâçyapa d'Uruvilvâ : « Kâçyapa, je vais coucher « ici, dans ton temple du feu (agni-caraṇa). » Kâçyapa d'Uruvilvâ dit : « Dans ce temple du feu, ô Gautama, personne ne doit entrer, qu'il « soit ou non un être humain; car un mauvais serpent (nâga) y de- « meure. C'en est à ce point que nous-mêmes nous nous écarterions « bien loin de ce temple du feu, par crainte de ce mauvais serpent. »