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0515 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 515 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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Il faut donc prendre ces bas-reliefs pour ce qu'ils sont, au même
titre que les autres, c'est-à-dire pour l'illustration d'une histoire édi-
fiante. Nous en connaissons au moins trois répliques au Musée de
Lahore : Âmrapâli n'y tient que la place qu'elle s'est acquise parmi
les saintes femmes du Bouddhisme. On sait comment ces pieuses
upâsikâ rivalisaient de zèle pour assurer aux religieux mendiants
les quatre choses nécessaires à ceux mêmes qui ont renoncé à toute
chose : « vêtement, nourriture, abri et, en cas de maladie, médi-
caments ». La veille, prévenant les nobles Licchavis, oligarques
de sa cité natale, elle est venue en grande pompe inviter à dîner le
Buddha et sa suite de moines dans son parc de manguiers : et elle a
connu par le silence du Bienheureux que l'invitation était acceptée.
A présent, le repas est terminé, et elle va prononcer la formule
de donation, tout en procédant au rite de l'eau. C'est pourquoi nous
la voyons, debout et l'aiguière prête, à la place qui échoit d'ordi-
naire aux femmes, c'est-à-dire à la droite du Bienheureux. Le
Buddha est toujours assis dans la même pose bienveillante, sur le
même siège hospitalier, sous une voûte du même feuillage. On pour-
rait s'étonner de n'apercevoir aucun moine, mais leur présence
n'est nullement nécessaire aux formalités qui restent à accomplir⁽¹⁾.
L'apparition coutumière des devatâ et de Vajrapâni (celui de la
figure 245 est vêtu d'une chlamyde manifestement empruntée à un
magasin d'accessoires grec) n'a rien, en revanche, qui puisse nous
surprendre. Sur les bas-reliefs provenant de Nathou (J. I. A. I.,
1898, pl. 15, 1) et de Sanghao (fig. 244), Âmrapâli, coiffée de
plusieurs tours de cheveux, a derrière elle une servante de taille
un plus petite et porte son aiguière à deux mains; de l'autre côté,
lequel est habituellement réservé aux hommes (cf., par exemple,
fig. 233), se tiennent deux seigneurs laïques en qui nous devons
sans doute reconnaître des Licchavis. Simples témoins épisodiques,
ces derniers ont pu sans inconvénient être omis sur la réplique de