National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0526 |
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 |
Citation Information
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et, l'autre main levée, les deux premiers doigts étendus, elle
s'adresse, en tournant la tête vers sa gauche (observez la boucle
de l'oreille), à un personnage aujourd'hui perdu; près d'elle et
tourné du même côté se tient, les mains unies, un homme dont
le costume (les jambes sont nues, tandis que la tête et le haut du
corps sont enveloppés dans un morceau d'étoffe) dénote la basse
extraction. A gauche, sortant par la porte monumentale d'une ville
murée, deux grands seigneurs se dirigent en sens opposé vers une
destination inconnue. A première vue, il semble que nous n'ayons
conservé que les deux moitiés de deux scènes différentes, et la suite
confirmera cette impression : le curieux est que le seul détail du
puits va, croyons-nous, suffire à nous renseigner sur l'une comme
sur l'autre. Écoutez, en effet, l'histoire que nous conte le Divy-
avadâna (xxxiii) :
« Voici ce que j'ai entendu. En ce temps-là, le Bienheureux de-
meurait à Çrâvastî, dans le Jêtavana, le parc d'Anâthapindada. Et
le seigneur Ânanda, dès le matin, s'habilla, prit son bol à aumônes
et son manteau, et entra dans Çrâvastî la grande ville pour sa
quête. Et le seigneur Ânanda, sa quête faite et sa nourriture prise,
passa près d'un endroit où il y avait un puits. Or, en ce moment,
à ce puits une fille de Mâtanga, nommée Prakṛiti, était en train
de tirer de l'eau. Et le seigneur Ânanda dit à Prakṛiti, la fille du
Mâtanga : « Ma sœur, donne-moi de l'eau que je boive... » Peut-
être ne saisissez-vous pas tout l'imprévu de cette demande : la faute
en est à la traduction. Mâtanga est en effet synonyme de câṇḍâla, et
ce terme, à son tour, désigne les gens de la condition la plus vile,
relégués au-dessous de la dernière des castes, et dont le contact
et même la seule approche est une souillure pour le reste de
l'humanité; peut-être eût-il mieux valu tout de suite traduire par
le mot usité dans l'Inde méridionale, et qui a conquis en fran-
çais droit de cité, à savoir celui de « paria ». Si Ânanda est au-
dessus des préjugés ordinaires, la jeune fille a d'ailleurs gardé le
sentiment des distances, comme nous voyons en reprenant le fil
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