National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 |
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était encore à Takṣaçilā, tandis que la tête se trouvait déjà à Bé-
narès »; puis, sur un mot de bienvenue du Maître, «il se transforma
en un jeune māṇava (lisez māṇava) et, s'approchant du Buddha, se
prosterna devant lui . . . »(1). Ainsi il est bien stipulé que, pour s'ap-
procher du Buddha, il adopte, tout comme sur notre bas-relief,
la forme humaine et même strictement humaine : aussi bien, le
Buddha Kāçyapa lui avait-il prédit «qu'il ne recouvrerait cette forme
qu'au temps où le Çākya-muni paraîtrait dans le monde», et ce
temps est justement venu.
Il ne dépend que de nous de serrer les choses de plus près
encore. Que veulent dire exactement les traducteurs chinois et
anglais à travers lesquels le texte du «Sûtra du grand départ»
nous arrive, en parlant ainsi d'«un jeune māṇava»? Māṇava en
sanskrit signifie sans doute «jeune homme»: mais, s'il n'avait ici un
sens plus technique, on ne voit pas pourquoi le mot aurait été tran-
scrit et non traduit. En réalité, il ne fait pas pléonasme : rappe-
lons-nous seulement comment en lisant plus haut dans le Divyāva-
dāna et le Mahāvastu l'histoire de la «prédiction de Dīpaṅkara»
(cf. p. 274), nous avons trouvé ce terme constamment accolé au
nom du jeune étudiant brahmanique. Le témoignage chinois qui
nous dit que «Elāpatra se transforma en un jeune māṇava» n'est
ainsi que l'équivalent exact du témoignage tibétain recueilli par
Rockhill, d'après lequel «il prit l'apparence d'un jeune brahmane».
Tous deux ne font que répéter ce que, dans une occasion analogue,
le Mahāvagga nous a dit d'Indra (p. 458). Quant au type du brah-
macārin, il nous est déjà trop familier, grâce à ces deux groupes
de scènes (fig. 139-141 et 229-230) sans parler des tableaux
d'ermitage où paraissent de jeunes «novices» (fig. 43, 142-143,
224-225, etc.), pour que nous puissions hésiter un instant à
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