National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0534 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 534 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000285
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

d'après la compilation singhalaise de l'Aṃdavatura, nous serions sans
doute réduits à échafauder des conjectures là ou nous pouvons
derechef atteindre à la certitude par le rapprochement rigoureux
du texte et du monument.

Résumons les traits essentiels de la légende. Le roi d'Āṭavī,
pour racheter sa propre existence, avait dû promettre au Yakṣa
Āṭavika (āṭavika = « forestier ») lequel demeurait dans un figuier des
banyans, à un carrefour de la forêt, de lui donner chaque jour
un de ses sujets à dévorer. Par les soins du ministre chargé d'exé-
cuter la promesse royale, d'abord tous les assassins, puis tous les
voleurs y passèrent, et enfin ce fut le tour des innocents, les vieux
et les jeunes, tant et si bien qu'au bout de douze ans il ne restait
plus à sacrifier que le jeune fils du roi : ordre fut donné à sa nour-
rice en pleurs de le mener à l'ogre. Or, ce matin même, le Buddha,
qui demeurait alors à quelque cent lieues de là (trente yojana),
dans le Jêtavana, près de Çrâvastî, s'en vint droit à la demeure du
cruel génie, y pénétra en son absence malgré les observations du
portier Gardabha, et s'assit sans façon sur le trône de cérémonie
du maître de la maison. C'est ce qui fait que, sur les figures 252-
253, nous le voyons installé comme chez lui (cf. plus haut, p. 477).
Après qu'Āṭavika a vainement épuisé contre lui toutes les res-
sources de sa colère, il fait aux questions que ce sphinx d'un nou-
veau genre avait coutume de poser à ses futures victimes de si belles
réponses, que le Yakṣa finit par se convertir. Aussi, quand les gens
du roi d'Āṭavī lui amènent le jeune prince, s'empresse-t-il, au lieu
de le mettre en pièces, d'en faire hommage au Buddha qui le rend
à sa famille, « après qu'il eut passé de mains en mains ».

Quiconque, après avoir lu ce simple résumé, voudra bien jeter
les yeux sur la figure 252a devra reconnaître la fidélité avec la-
quelle le sculpteur a su mettre l'histoire en action devant nos yeux.
Au centre, le Buddha est assis sur le trône du Yakṣa, au pied du