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0545 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 545 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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phétique assurance (vyākaraṇa) qu'il sera un jour le roi Açoka.
Aussi ne s'étonnera-t-on pas qu'un doublet de cette gracieuse
légende ait été transporté au temps de tel ou tel Buddha du passé,
ni que sa représentation fasse pendant, sur une stèle de Calcutta(1),
à la « prédiction de Dīpaṅkara ». On pourrait même se demander à
ce propos s'il ne s'agit pas, en réalité, d'un seul jeune garçon que
nous verrions tour à tour, d'après l'analogie des figures 139-141,
faire debout son offrande et prononcer son vœu accroupi. Fa-hien
ne parle que d'un seul héros de la scène; l'auteur tibétain de
Schiefner se borne, tout comme s'il décrivait un bas-relief, à dire
que le futur Açoka « tendit une poignée de terre par-dessus la tête
d'un garçon baissé »(2). C'est exactement ce que nous voyons sur
deux des répliques de Calcutta où le second enfant est accroupi,
les mains jointes, juste au-dessous du bol, entre le Buddha et Jaya,
tous deux debout et occupés avec le plus grand sérieux, l'un à
donner et l'autre à recevoir la chimérique offrande. Mais, dans
ce cas, il faudrait admettre — ce qui n'est d'ailleurs pas impossible
— que le rédacteur du Divyāvadāna a été induit en erreur par la
répétition du personnage sur les sculptures et a pris pour deux
enfants la double image d'un seul. Si de sa part il y a eu méprise,
il l'a commise jusqu'au bout, car il les nomme tous les deux et
croit savoir qu'au moment où le vœu de Jaya se réalise, son « com-
pagnon de jeu dans la poussière » (il y a pour cela un mot en san-
skrit : sahapāṃsukrīḍanaka(3)) devient son ministre Rādhagupta. La
preuve en est qu'un moine d'une longévité prodigieuse, le doyen
Piṇḍola, qui avait été témoin de l'aventure, l'a plus tard rapportée
à Açoka en personne : même pour voir le roi, il dut « relever à
deux mains ses longs sourcils » qui retombaient devant ses yeux
en blanche crinière… Si nous tenions à consigner ce dernier