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0555 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 555 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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n'apercevons pas de religieux jainas, mais seulement des laïques
ou des moines bouddhiques. Ces rivaux haineux et haïs (tant de
fiel entre-t-il dans l'âme des ascètes!) se laisseraient, en effet, aisé-
ment reconnaître au fait qu'ils étaient totalement nus. A les en
croire, ils auraient été «vêtus de l'air ambiant» (digambara) ou
encore «couverts du pagne de la loi» (dharma-câta-praticchanna);
mais cela revient exactement au même: ce sont les gymnosophistes
des Grecs. Ils n'apparaissent que très rarement sur nos bas-reliefs
et le principal intérêt du fragment, malheureusement mutilé, que
nous reproduisons sur la figure 261 (dont il faut peut-être rappro-
cher la figure 225 c) est qu'ils s'y montrent⁽¹⁾. Ce gros homme nu,
à la tête rasée, aux reins tout juste ceints d'une corde, qui sort
entre les fines colonnettes de la véranda, est, à n'en pas douter,
un moine jaïna, ou du moins appartenant à une secte qui prati-
quait les mêmes observances. Il est clair également que le Buddha
est en train de descendre du ciel dans une auréole de splendeur,
car les pieds ne touchent pas encore terre et tout son corps est
enveloppé du flamboiement de son tejas (cf. p. 448, et fig. 246
et 263). D'autre part, cet homme barbu et âgé que nous aper-
cevons derrière les rebords, décorés de merlons, de la terrasse,
doit avoir ses raisons pour prendre une mine aussi furieuse, comme
la jeune personne debout au premier plan pour adopter cette atti-
tude de défi. Sûrement nous tombons au milieu d'une querelle de
famille provoquée, comme il arrive, par des dissentiments d'ordre
religieux: et une partie, qui a pour enjeu le revenu des aumônes
de cette riche demeure, se joue entre les deux congrégations enne-
mies des Bouddhistes et des Nirgranthas.

Ce serait le moment de recourir aux textes, moins pour justifier
la conjecture que pour la compléter en leur empruntant le nom des
principaux personnages; malheureusement nous n'y trouvons cette
fois que confusion. Ils connaissent bien des scènes analogues, mais