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0556 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 556 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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les récits tronqués qu'ils en donnent se mêlent et se contredisent entre
eux. L'héroïne en est ordinairement Sumâgadhâ, la fille d'Anâtha-
piṇḍada, le riche et fidèle banquier de Çrâvastî. On est en général
d'accord qu'elle se maria en lointain pays, du côté du Bengale; que
la famille de son fiancé était dévote aux ascètes nus, de quoi sa
foi de bouddhiste et sa pudeur de femme furent également offen-
sées; et que, finalement, elle réussit à persuader son beau-père de
mettre, selon la formule, son recours dans le Buddha, sa loi et sa
communauté. Sur ce canevas commun ont été brodées des aven-
tures diverses, épiques ou grotesques, selon le goût plus ou moins
relevé des rédacteurs. Un passage du Divyâvadâna, plus développé
dans le texte tibétain de Schiefner, décrit par exemple le Bien-
heureux arrivant, par la voie des airs, à un appel télépathique de
Sumâgadhâ, escorté d'une grande troupe de moines, et tous trans-
portés sur des montures ou des véhicules magiques; cependant,
assise sur sa terrasse avec son mari et ses beaux-parents, la jeune
femme en fait le «dénombrement» à la manière d'Hélène sur les
murs de Troie; mais, dans cette histoire, il n'y a pas trace de
querelle domestique, ni de moines nus. Ceux-ci paraissent seule-
ment en un autre endroit du même ouvrage, emprunté, semble-
t-il, au Sûtrâlaṅkâra : nous y retrouvons la fille d'Anâthapinḍada,
cette fois en compagnie de la sœur de Jyotiṣka, le héros du pré-
cédent épisode, et toutes deux en qualité d'épouses d'un bour-
geois de Râjagriha, nommé Çrîgupta, qui avait pour directeur de
conscience un docteur hérétique. La sœur de Jyotiṣka se conduit,
à l'égard de ce dernier, avec une impolitesse si flagrante, qu'il se
retire offensé; mais il glisse sur de la sauce qu'elle a répandue tout
exprès à cette intention près de la porte, et il manque de se rompre
le cou. Comme expiation du mauvais tour qui vient de lui être
joué, le Nirgrantha exige du maître de maison qu'il dresse un
véritable guet-apens au Buddha en l'invitant à dîner et en dissimu-
lant devant la porte d'entrée une fosse pleine de charbons ardents.
Au moment où le Bienheureux va poser le pied sur le seuil, le