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0558 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 558 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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compte de la charitable Viçâkhâ, ce qui ne peut qu'égarer nos
recherches (1).

Il semble donc que ce soit ici le cas ou jamais de revendiquer
en face de ces textes, d'ailleurs de seconde main, l'autorité tradi-
tionnelle et l'indépendance de nos bas-reliefs. Or, en nous inspirant
des données éparses dans les divers remaniements de la légende,
nous arrivons à reconstituer assez aisément la version que met en
scène le panneau de Sikri (cf. fig. 261). Nous reconnaissons, par
exemple, sur la terrasse de la maison, l'irascible beau-père; en
vain, assise à son côté, sa femme l'implore en faveur de sa bru;
sans doute son bras droit la menaçait, du temps qu'il n'était pas
encore brisé, de châtier sa scandaleuse conduite en la renvoyant
chez ses parents. Nous voyons en effet qu'au rez-de-chaussée de la
maison elle a une altercation violente avec deux ascètes nus, dont
le premier paraît en même temps fort en colère et assez peu ras-
suré. Il a raison de se méfier : les héroïnes bouddhiques n'y vont
pas de main morte. Viçâkhâ avait, nous dit-on, la force de cinq
éléphants et arrêta celui du roi Prasênajit par une simple pression
de la trompe entre le pouce et l'index; quand Yaçodharâ doit dé-
fendre sa vertu contre les entreprises de Dêvadatta, elle a vite fait
de le jeter tout en sang au bas de l'escalier (2); or l'on dirait ici que
Sumâgadhâ a pris un bâton contre ces inconvenants hérétiques, et
elle paraît être une gaillarde non moins résolue ni moins bien mus-
clée. Dans l'excitation de la lutte, la partie supérieure de son vêtement
a en effet glissé et laisse tout son torse à découvert. Ce détail, pour
exceptionnel qu'il soit sur nos sculptures, n'a d'ailleurs pas l'impor-
tance que, dans nos idées européennes, on serait porté à y atta-
cher, surtout de la part d'une personne si chatouilleuse sur les
questions de bienséance. Les sculptures de l'école indigène, comme