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0568 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 568 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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d'un caleçon exigu, qui est la langoṭi actuelle; tous sont taillés en
hercules en même temps qu'armés de massues, et au demeurant
fort peu rassurants à rencontrer. Mais l'infinie bienveillance du
Bienheureux commence à pénétrer leurs âmes brutales : au pre-
mier plan de la figure 266, l'un d'eux, celui qui a des moustaches,
joint les mains, et les deux autres semblent n'avoir plus de cœur
à leur sinistre besogne; sur le n° G. 12, le plus proche du Maître
est déjà tombé à ses pieds; les autres vont suivre cet exemple,
confesser leurs criminels projets et se convertir sur la place. Quant
au Buddha, de l'autre côté du mur, il a toujours son geste bénis-
seur. Derrière lui, Vajrapâni, tantôt, vieux et barbu, se borne à
détourner la tête avec affectation (fig. 266), tantôt, jeune et im-
berbe (n° G. 12), lève avec colère au-dessus de sa tête son bras
droitployé.

2° L'éléphant Nâlâgiri. — On sait que l'autre attentat, celui dont
l'éléphant Nâlâgiri fut l'instrument redouté, ne réussit pas mieux,
et qu'en ce cas encore la «force de la bienveillance» triompha de
la bestiale fureur du monstrueux pachyderme. A la vérité, il n'a
jamais l'air bien terrible sur nos bas-reliefs (cf. p. 218). Ce n'est
pas faute que parfois (fig. 267) il tienne avec le bout enroulé de
sa trompe une sorte de masse d'armes, ici taillée à facettes, mais
qui, sur le n° G. 66 de Calcutta, affecte une forme simplement
conique. Ce détail, curieux à noter, nous rappelle aussitôt ce que les
vieux auteurs, tant indiens que classiques, nous content des élé-
phants dressés pour la guerre. Au VIe siècle de notre ère, Song Yun
en a encore rencontré au Gandhâra qui étaient exercés à manier
le glaive. Tantôt l'animal entre, comme sur les figures 267-268,
par la droite et tantôt par la gauche (fig. 269). Bien que la scène
soit censée se passer dans la grande rue de Râjagriha, où le Bien-
heureux se rendait à une invitation à dîner, en général l'éléphant
est pris de trois quarts, juste au moment où il passe sous la porte
de la ville, et souvent l'on n'aperçoit encore que son avant-train
(cf. fig. 74, 2e compartiment). Des spectateurs et des spectatrices se