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0572 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 572 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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source laissait échapper un courant d'eau blanche qui anéantissait
tous les produits de la terre. A cette époque, le Tathâgata gouver-
nait le monde avec une bonté compatissante. Ému de pitié pour
les habitants de ce royaume, qui étaient seuls victimes d'une cala-
mité, il descendit en cet endroit et voulut convertir ce méchant
dragon. Un génie, armé d'une massue de diamant (Vajrapâṇi), en
frappa les bords de la montagne. Le roi-dragon (Nâga-râja) fut
rempli de terreur; il sortit de l'étang et vint faire sa soumission.
Lorsqu'il eut entendu le Buddha expliquer la loi, son âme devint
pure et son cœur s'ouvrit à la foi. Aussitôt le Tathâgata lui dé-
fendit de nuire aux moissons. Le dragon lui dit : «Tout ce qui sert
«à ma nourriture me provient des champs des hommes; mais main-
«tenant que j'ai reçu vos saintes instructions, je crains de ne plus
«pouvoir subvenir à mes besoins. Je désire recueillir, tous les douze
«ans, une provision de grain.» Le Tathâgata, par un sentiment de
compassion, consentit à sa demande. C'est pourquoi maintenant,
tous les douze ans, le pays est affligé une fois par les désastres de
l'eau blanche...» M. A. Stein a encore trouvé dans le Turkestan ce
terme d'«eau blanche» (en turc ak-su) usité pour désigner les inon-
dations qui se produisent au moment de la fonte des neiges. C'est
là, sachons-le, l'une des manières qu'ont les Nâgas de faire leur
récolte, à moins qu'ils ne préfèrent faucher la moisson avec une
averse de grêle; ils ont, en effet, besoin de riz tout comme les
hommes, et c'est ce qui force le Bienheureux à faire, pour ainsi
dire, la part de l'eau en accordant à Apalâlâ une récolte sur douze:
autrement c'eût été le condamner à mourir de faim⁽¹⁾. Le passage
est donc des plus clairs dès qu'on connaît le fond de croyances
populaires sur lequel il repose, et nous avons tenu à le citer en
entier pour qu'il ne perdît pas son goût de terroir. Il n'est pas moins
intéressant au point de vue archéologique. Assurément, le récit
d'une intervention personnelle quelconque du Buddha en Udyâna