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0590 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 590 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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avait bien cru remarquer sur la physionomie du Vajrapâṇi de
la figure 281 un air d'insultant triomphe : c'était même là un
des principaux arguments qu'il alléguait en faveur de l'identi-
fication, par lui proposée, de Vajrapâṇi avec Māra. Nous craignons
que, sur ce point, il n'ait été induit en erreur par les jeux d'ombre
et de lumière un peu durs de la photographie du major Cole (1).
D'ailleurs le geste de rapprocher les deux mains ou seulement
l'une d'elles de la tête (cf. fig. 276) est, ici comme partout, si l'on
en croit l'analogie de tous les autres bas-reliefs, une marque de
douleur. Parfois même son chagrin accable à tel point Vajrapâṇi,
que le sculpteur en profite aussitôt pour relever de cette figure,
étendue ou accroupie, ce qu'aurait de nu et d'un peu vide la face
antérieure du lit. Cet excès de désespoir le prend si fort à propos
pour servir ce but décoratif, qu'il est difficile de ne pas croire
que les artistes l'ont inventé tout exprès, ou du moins exploité à
plaisir. Voyez, par exemple, le parti qu'en ont tiré l'auteur de la
figure 277, où Vajrapâṇi est barbu comme un Jupiter, et ceux
des figures 279 et 280, où il est au contraire imberbe. Le fait que
sur la figure 280 (comme d'ailleurs sur les figures 194, 195, 197
et 243) il voisine avec Indra prouve, soit dit en passant, qu'il ne
lui est pas davantage identique ; et quand enfin, sur la figure 279,
nous voyons son foudre reposer sur le sol, il semble bien que nous
ne puissions trouver à ce détail de meilleur commentaire que dans
les notes de Fa-hien et de Hiuan-tsang. Le premier en effet a vu,
près du lieu traditionnel du Parinirvāṇa, l'endroit où Vajrapâṇi
«laissa tomber sa massue d'or». Pour Hiuan-tsang, il y a plus d'un
Vajrapâṇi, et, non contents de «lâcher leurs massues de diamant»,