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0593 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 593 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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étayée sur des faits matériels probants. Or, s'il est incontestable que
ce figurant porte parfois — mais non toujours : voir fig. 278 et
284 — une marque sur le sommet du crâne, même en ce cas
son crâne, à la différence de celui du Buddha, est complètement
rasé, comme celui des bhikṣu ordinaires, et jamais entre les yeux
n'apparaît le second signe visible de l'illumination, à savoir l'ūrṇā.
Pour résumer dans son ensemble l'évidence des bas-reliefs, ce n'est
encore qu'un moine entre plusieurs : placé tantôt à droite et tantôt
à gauche du lit, auquel il tourne ou non le dos, il manque sur cer-
taines répliques (cf. fig. 208d), tandis que, sur d'autres, il est pourvu
d'un signe particulier de reconnaissance. Faut-il à sa posture, sinon
à cet attribut intermittent, reconnaître le parivrājaka Subhadra,
le dernier converti du Maître? Buddhaghosa, d'accord avec le texte
pâli, nous dit qu'il atteignit aussitôt à la sainteté «et revint s'asseoir
près du Bienheureux» (1). Il est vrai que, d'après Hiuan-tsang et la
tradition tibétaine, il serait immédiatement entré dans le Nirvāṇa,
dès avant le Buddha lui-même; mais rien ne prouve que nos artistes
aient eu connaissance de cette forme de la légende : et, l'auraient-ils
connue, qu'ils ne se seraient pas embarrassés pour si peu.

Mahākāçyapa. — Ce n'est pas, en effet, un paradoxe de dire que
le seul grand disciple que nous puissions encore identifier d'une
façon certaine dans la scène du Parinirvāṇa du Maître est le ré-
vérend Mahākāçyapa, qui justement n'y assistait point. Telles étaient
l'adresse et aussi la désinvolture avec laquelle nos sculpteurs sa-
vaient, quand besoin était, accommoder aux nécessités de leur
art les données de la légende. Que nous content les deux formes
écrites en langues indiennes de celle-ci? Sur le fond des choses,
elles sont d'accord : le cadavre du Bienheureux et son bûcher se
refusent à brûler de compagnie avant que Mahākāçyapa, lequel
était absent, n'ait eu le temps d'arriver pour rendre un dernier
hommage «aux pieds sacrés» de son Maître. D'après le Mahāvastu,