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0602 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 602 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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simplement pris sa place sur la couche et même le matelas où il
reposait tout à l'heure. Nous verrons plus loin les raisons qui ont
conduit l'auteur de la réplique de Calcutta à transformer le châlit
de bois en un banc de pierre. Avant tout, il faut relever la forme
curieuse de la bière. Elle est composée de deux moitiés exactement
égales et pouvant indifféremment servir de fond ou de couvercle.
Trois lamelles rivées (il ne s'agit probablement pas de charnières),
perpendiculaires à la suture, les réunissent en les fixant. L'extrémité
arrondie des deux valves nous force à admettre ou bien qu'elles
ont été évidées dans un tronc d'arbre ou, plus vraisemblablement,
qu'il s'agit de cuves de métal façonnées au marteau. Pour notre
part nous n'hésiterions pas à y reconnaître la double « auge à huile »
que mentionne expressément le sutta : « Et ayant placé le cadavre
dans une tela-doṇi (skt. taila-droṇi) de fer, ils le recouvrirent her-
métiquement avec une autre. » Nul détail n'est plus vraisemblable
— nous parlons, bien entendu, de la vraisemblance légendaire — en
sa parfaite simplicité. On ne pouvait à moins de frais improviser un
four crématoire à l'usage des grands personnages dont il s'agissait
de conserver les cendres entières en même temps que pures de
tout mélange avec celles du bûcher. Plus tard, quand, pour satis-
faire le goût plus prétentieux des fidèles, le sarcophage est devenu
d'or, les Singhalais croient se souvenir qu'il était « rempli d'huile »,
et de leur côté les Birmans n'ont pas oublié qu'il était fait de deux
moitiés égales et pareilles comme forme et comme dimensions. On
voit combien sont restées persistantes les réminiscences de la
double tela-doṇi : nous n'avons aucune raison de penser que ce ne
soit pas cette tradition qui ait ici guidé le ciseau de nos artistes (1).
S'ils n'avaient été trop pressés, ils auraient gardé pour ce mo-
ment l'intervention, déjà étudiée plus haut, de Mahâkâçyapa, le
grand disciple. Dans tous les textes, celui-ci n'arrive en effet que
lorsque le cadavre est déjà enseveli et enfermé dans le cercueil, et