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0604 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 604 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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la main gauche un objet long qui le définirait s'il n'était lui-même
difficile à définir. Sur toutes les meilleures répliques il est en
grande conversation avec un moine; parfois (c'est le cas du n° 8,
au Louvre, et du n° 376 de Lahore) ils forment un groupe à part
sur la droite du panneau, tout comme le Mahâkâçyapa et l'Âjivaka
de la figure 278. Quel peut bien être ce personnage?

Sur le bas-relief du Louvre ou tel autre encore de Calcutta,
l'objet qu'il tient à la main paraît fait de deux branches minces
et réunies près de leur extrémité supérieure : il n'en faut pas
davantage pour suggérer l'idée que nous avons affaire au forgeron
Cunda, porteur de ses tenailles et aussitôt reconnaissable à cet
attribut professionnel. On n'ignore pas le rôle que les textes assi-
gnent à cet artisan aux approches du trépas du Prédestiné : c'est
de sa main que le Buddha accepte la dernière nourriture qu'il
ait prise en ce monde, — ce morceau de porc si terriblement co-
riace que nulle autre créature ne l'eût pu digérer. Au milieu de
ses souffrances, le Bienheureux recommande à Ânanda de dissiper
les remords que pourrait faire naître dans l'esprit du fidèle l'idée
que son offrande a causé la mort de son Maître et de l'assurer au
contraire que son mérite n'en sera qu'augmenté : ne serait-ce pas
qu'ici Ânanda s'acquitte justement de cette commission charitable?
On dira peut-être que Cunda n'est pas censé assister au Parinir-
vâṇa, que le Buddha lui-même a confié à Ânanda ce message avant
d'arriver au bois de çâla où il devait mourir, etc. Ces objections ne
nous toucheraient pas plus qu'elles n'auraient fait nos sculpteurs,
tels que nous les connaissons, si ce sujet leur avait été imposé par
la force de la tradition populaire. Seulement rien ne prouve qu'il
en ait été ainsi. Au contraire, deux remarques décisives disposent
de notre première hypothèse. Tout d'abord, le personnage en ques-
tion ne porte pas un outil à deux branches, pinces ou tenailles, mais
une sorte de faisceau composé de plusieurs tiges ou baguettes. En
second lieu, deux, semble-t-il, de ses pareils sont justement occupés,
sur la scène suivante (fig. 287), à éteindre le bûcher du Buddha.