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0634 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.1 / Page 634 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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Tantôt ils font choix d'un signe dont le sens conventionnel était
plus ou moins répandu pour spécifier une attribution particulière :
trois fleurs serviront à tel d'entre eux pour marquer, entre tous les
trônes analogues, celui de la Sambodhi (cf. p. 4a4), ou une roue
suffira à l'école entière pour distinguer de toutes les autres la pre-
mière prédication (cf. p. 43a). Le plus curieux est que ce dernier
rôle peut être tenu par un être et même un groupe d'êtres vivants;
les deux cas les plus caractéristiques sont celui du paysan (fig. 175-
176), qui, en compagnie de ses bœufs de labour, permet à pre-
mière vue d'identifier la « première méditation du Bodhisattva », et
celui du Gandharva à la harpe (fig. a46-a47), dont la seule pré-
sence, tout accessoire qu'elle soit, révèle aussitôt le lieu et l'occasion
de la visite et le nom du visiteur du Buddha (cf. encore p. 570). Nous
saisissons déjà à l'œuvre, sur ces bas-reliefs, le procédé qui va bientôt
fleurir, ou plutôt sévir sans règle ni mesure, dans l'iconographie
bouddhique de l'Inde et de l'Extrême-Orient; là, des divinités
toutes pareilles les unes aux autres se distingueront entre elles par
de certains attributs; ici des scènes de méditation ou de vénéra-
tion, sortes de passe-partout stéréotypés, se différencient presque
uniquement par des laksaṇa du même genre. Que ce soit là une
marque d'influence indienne, il n'est pas permis d'en douter. Nous
avons déjà constaté en passant que, sur les plus anciens monuments
de l'Inde, non seulement ces indices d'identification étaient déjà
employés, mais qu'ils l'étaient à peu près seuls, en sous-entendant
presque tout le reste. Ainsi, à Bodh-Gayâ, le laboureur dispense
de représenter le Bodhisattva (cf. fig. 177), et le harpiste permet de
faire l'économie des figures du Buddha et d'Indra lui-même (cf.
fig. a48). Si invraisemblable que cela puisse paraître, l'Inde a
ainsi débuté, au moins sur la pierre, par une sorte de sculpture
chiffrée, identifiable pour les initiés à l'aide d'« exposants » dotés
d'une valeur conventionnelle, et tenant en somme le milieu entre
l'hiéroglyphe et l'œuvre d'art. Comment ne pas penser que ces
médaillons de Mahâbodhi sont des produits de la même tournure