National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0060 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 60 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000285
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

notre motif gandhârien. Peut-être n'est-il pas inutile de remarquer
que d'authentiques Garuḍas avaient gardé à Sânchî (1) et à Amarâvatî
(fig. 466) leur forme d'oiseau de proie, ainsi qu'il sied à l'ancêtre
direct du gigantesque oiseau Roc des Mille et une Nuits. Pour qu'il
en soit de même au Gandhâra, il suffit que son titre indien de
« roi des oiseaux » (2) ait évoqué aussitôt à l'esprit de nos artistes
l'aigle de Zeus. Reste l'autre moitié du problème. Il arrive fréquem-
ment à l'aigle grec de n'emporter dans ses serres qu'un simple
serpent, ainsi qu'il le fait encore aujourd'hui sur les piastres mexi-
caines; et c'est d'un serpent, il est vrai polycéphale, qu'il se contente
également sur la figure 466. D'où a pu venir l'idée de lui faire, au
contraire, enlever de préférence des Nâgas à forme humaine? La
réponse apparaît clairement à la seule inspection de la figure 318 ;
le créateur du motif du « roi des oiseaux ravissant un génie-reptile »
avait d'avance l'imagination hantée par le souvenir du « Ganymède
à l'aigle » de Léocharès.

L'impression, parmi les premiers interprètes européens, fut
même si forte qu'on voulut voir dans le groupe une véritable
réplique du modèle grec et qu'on se crut en présence d'un Gany-
mède indien : seulement il avait changé de sexe en route. L'insuf-
fisance d'une pareille explication n'échappa pas à Cunningham :