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0124 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 124 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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avons aussi bien pu ranger à côté des parias et des démons de
notre précédent chapitre les figures 311-312, l'une à cause de sa
bouche largement ouverte, l'autre à cause de son gros nez épaté.
Nous nous élevons d'un degré avec les faces si évidemment sin-
cères et conformes à la nature des figures 354-359. Plus haut
encore, il semble que nous touchions aux limites de l'idéalisation
(fig. 360-363) : mais jamais les plus esthétiques de ces essais
ne nous donnent l'impression du stéréotypé et du convenu.
Tout apprêt est banni de l'air bon enfant de la figure 360,
sinon des torsades de sa chevelure. Le fin profil de la figure 361,
avec son nez légèrement aquilin, n'a rien d'académique. Sur
les figures 362-363, la grâce légère des papillottes, pressées
ou non d'une bandelette, s'unit à la longueur des yeux et à la
lourdeur tout orientale de la paupière pour donner une nouvelle
saveur aux types en apparence les plus classiques. Et sur la plupart
de ces visages flotte un sourire, comme si l'artiste les avait créés
en se jouant.

A ces remarques trop générales se borne pour l'instant tout ce
que nous voyons d'essentiel à noter sur les figures « réalistes » du
Gandhâra. Mais bientôt celles-ci ne manqueront pas de s'animer
encore davantage par la comparaison avec les nombreuses têtes de
même nature, récemment exhumées au Turkestan, et dont le
moins qu'on puisse dire est qu'elles leur ressemblent comme des
sœurs⁽¹⁾. Un seul trait, à vrai dire, les différencie de façon con-
stante : tandis qu'au Gandhâra l'œil reste toujours profondément
enfoncé sous l'arcade sourcilière, à la façon indo-européenne,
dans toute l'Asie centrale il affleure le visage, à la mongole, si
même il ne proémine pas légèrement. Sans doute cette divergence
a pu aller en s'accentuant pour une raison technique : nous
faisons allusion à la facilité avec laquelle ces faces aux lignes