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0146 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 146 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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suzerain en personne dans un si arrogant vassal? Ou, du moins,
s'ils étaient retenus au Gandhàra sur cette pente fatale par leur
familiarité avec les textes ou la persistance de la tradition orale,
comment la tentation ne serait-elle pas devenue insurmontable à
mesure que de telles idoles pénétraient plus loin dans le Nord,
parmi des populations non moins simplistes, et encore plus igno-
rantes que nous des menues subtilités de la superstition indienne?
Si nous remontons seulement jusqu'au Kapica, nous trouvons que
le dispensateur des richesses en a été fort judicieusement constitué
le gardien — à moins que ce ne soit là un simple retour à sa fonc-
tion initiale (cf. plus bas, p. 131) — et le nom de Yakṣa-râja, noté
par Hiuan-tsang pour ce génie, conviendrait beaucoup mieux à
Kuvèra qu'à son général. Mais déjà à Bactres le pèlerin avait entendu
et jeté sur ses tablettes une histoire tout à fait analogue⁽¹⁾. Là
aussi, une idole miraculeuse protège le trésor du monastère
contre la cupidité des tyranneaux d'alentour : mais, cette fois, pour
la désigner, c'est le nom de Vaiçravaṇa que, sans hésitation
aucune, on a dicté à Hiuan-tsang. Pourtant on ne saurait douter
qu'il s'agit encore et toujours du même personnage; car c'est avec
sa sempiternelle pique qu'il transperce en rêve le cœur du méchant
khân qui voulait piller le couvent. Ce n'est pas d'ailleurs la seule
occasion que notre héros ait trouvée de se servir de son arme favo-
rite. Avec la même lance, il a fendu la ceinture de montagnes et
desséché le lit du lac qui recouvrait le pays de Khotan : mais, cette
fois encore, il n'a travaillé que pour la gloire d'un autre, et c'est
à Vaiçravaṇa que les témoignages tibétains font honneur de cet
exploit⁽²⁾. Abusant de la situation, le roi des génies s'est désormais
approprié l'arme de son général⁽³⁾; du même coup, il l'a dépossédé