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0166 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 166 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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la juste portée de sa remarque. Il n'est pas contestable que la tradi-
tion artistique du voile ne suffise d'avance à donner à nos Vierges
européennes un cachet asiatique. Par ailleurs nous ne pensons pas
qu'il y ait aucun rapport précis à déduire des similitudes inévi-
tables entre nos figures 374-376, 530, 538, etc. et telle vierge copte
(fig. 599) ou romane (fig. 600). Le type de la femme à l'enfant,
incarnation bienheureuse des vœux et objet naturel du culte des
mères, est de tous les temps, sinon de tous les pays. Si l'on tirait
quelque momie d'Égypte de son sommeil séculaire, elle n'hésiterait
pas davantage à reconnaître dans telle de nos Hâriti une réplique
d'Isis allaitant Horus, tandis qu'un Hindou moderne y verrait avec
la même assurance Kṛṣṇa dans les bras de sa mère Dêvakî ou
plutôt de sa nourrice Yaçodâ. Mais il n'y a pas que les noms qui
changent. Les mêmes images ne représentent pas toujours les mêmes
personnages : elles sont encore plus loin de revêtir le même idéal. Il
faut avouer à ce point de vue qu'il ne se peut rien de plus terre à
terre ni de plus mêlé que les conceptions incarnées dans la « ma-
done bouddhique », cette ancienne goule anthropophage qui fut
l'effroi des mères fécondes avant de devenir l'espoir des femmes
stériles et l'épouse du démon de l'or.

§ IV. Le couple tutélaire.

Ce n'est pas en effet par pur hasard que Yi-tsing décrit dans le
même chapitre les deux images de la fée aux enfants et du génie à
la bourse : l'imagination et le culte populaires avaient eu tôt fait
de marier au dieu de la richesse la déesse de la fécondité. Lors
même que les textes ne nous le diraient pas explicitement (cf. plus
haut, II, p. 115), la seule inspection des figures 379-389 prouve-
rait que les artistes, stylés par les donateurs, n'entendaient pas
autrement les choses : ils les associent trop étroitement au sein de
leur petite famille pour que nous puissions douter du caractère
conjugal de leur intimité. L'analogie des figures 150, 160 et 161,