National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0242 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 242 (Grayscale High Resolution Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000285
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

des Çâkyas, fut de le prendre pour une sorte de sainte ampoule :
cette conjecture est en complet désaccord avec les rites des Indiens,
chez qui l'*abhiṣeka* ou sacre royal n'est pas fait d'une onction d'huile,
mais d'une copieuse douche d'eau claire (1). Une autre hypothèse,
fondée sur l'analogie des vases d'ambroisie que portent les divinités
de Sânchi (2), ne nous paraît pas davantage trouver ici son applica-
tion, puisque nous n'avons pas affaire à un dieu. Heureusement les
usages de l'école parlent assez haut et clair pour nous tirer d'incer-
titude. Ce flacon symbolique, tantôt pansu et lourd à l'indienne,
tantôt effilé à la grecque, nous le voyons constamment à la main de
Brahmâ (fig. 155, 406, 407) et des ascètes brahmaniques, jeunes
et vieux (fig. 139-141, 151, 430-433). Quelque élégant qu'il
puisse être, ce n'est jamais qu'un *kamaṇḍalu*, le vase où le religieux
doit conserver son eau, s'il veut boire ; car, consentirait-il lui-même
à emprunter celui d'un autre qu'il ne trouverait pas un Hindou de
caste pour lui prêter le sien (cf. p. 245). Seul ustensile absolument
indispensable que le *parivrâjaka*, en renonçant à tous les biens de
ce monde, emporte encore avec lui, on conçoit que ce flacon soit
devenu et resté l'emblème caractéristique de celui qui a embrassé
la vie contemplative. Dans la main du Bodhisattva princier, s'il a
un sens, il fait apparemment pressentir sa future entrée en reli-
gion : dans celle du *brahmacdrin* il signifie sûrement que celui-ci
a déjà prononcé ses vœux de jeune clerc.

Mais si ce détail, qui remonte jusqu'à l'aurore du Bodhisattva,
est bon à retenir, il va de soi que, de toutes ses incarnations, la
plus importante aux yeux des fidèles est la dernière, celle où, né
dans la noble maison des Çâkyas, il reçut le nom de Siddhârtha,
c'est-à-dire Prospère. Bien souvent nous l'avons déjà rencontré
dans tous ses atours de prince royal, tantôt la tête nue à l'intérieur