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Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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En un sens, ces çramaṇa, comme on les appelle, sont une sorte
de parias supérieurs, parce que volontaires. Encore comptaient-ils
parfois dans leurs rangs jusqu'à des parias de naissance, au grand
scandale des gens de condition(1). Tels quels, ils n'en jouissaient
pas moins à cause de leur renoncement, réel ou supposé, d'un
prestige considérable sur l'âme populaire. Ils en jouissent toujours.
Comme au temps de Mégasthène (vers 300 av. J.-C.), «Brah-
manes et Çramanes(2)» continuent à se partager la direction reli-
gieuse de l'Inde, et, autre trait commun, à vivre de la générosité
des fidèles; et toujours, comme il est humain, entre ces deux caté-
gories de médecins des âmes subsiste une rivalité avouée — assez
analogue, toutes proportions gardées, à celle qui existait, dit-on,
sourdement en Europe entre nos clergés séculier et régulier. Mais
en dépit, ou plutôt à raison de cette rivalité même les textes asso-
cient constamment, dans une expression toute faite, «brâhmanas»
et «çramanas» : et c'est ainsi que nous nous trouvons devoir
parler, à la fois et sous le même titre, des membres de la caste
suprême et des «hors caste».
Ce qui vient compliquer encore la question, c'est que, si les çra-
manes pouvaient théoriquement se recruter dans toutes les classes,
les brahmanes de leur côté exerçaient en fait toutes les profes-
sions. Mais il est à croire que ceux de ces derniers qui étaient ainsi
restés dans le monde et qui, d'après les récits du Jâtaka, faisaient
pour vivre n'importe quel métier, depuis celui de ministre jusqu'à
celui de brigand, s'habillaient tout naturellement de la manière la
plus appropriée à leurs occupations, aux champs comme à la ville.
Les seuls que nous ayons à retenir ici, à cause de leur extérieur
caractéristique, ce sont ceux que nous avons déjà appelés les brah-
manes «professionnels»(3) — autrement dit demeurés fidèles à
leur nom, et poursuivant l'idéal de vie auquel les prédestinait leur
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