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0292 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 292 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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venu de figurer le chapitre XVII du Lalita-vistara et la période des
austérités, les artistes indo-javanais se gardent de creuser le moins
du monde les lignes molles et rondes de leurs images du Buddha.
En revanche, ce type d'un relief si vigoureux, devait tenter la
virtuosité des artistes sino-japonais. Les images en abondent, ainsi
qu'on peut voir aux Musées Guimet et Cernuschi; et d'ordinaire
elles reproduisent jusqu'à la barbe frisottante de la statue de Sikri,
signe distinctif de l'ascète que celle de Takht-î-Bahaï, décidément
créée d'un ciseau plus timide, ne possède déjà plus.

Les BHIKṢU. — Nous avons intentionnellement relevé ce dernier
détail dans le déguisement temporaire du futur Buddha en çramane
hétérodoxe : il nous aidera à comprendre comment des moines
bouddhistes ont pu être pris parfois pour des Tîrthyas. Pareille
mésaventure advint, nous dit-on (1), à Mahâkâçyapa et à Vitaçoka,
le frère de l'empereur Açoka. Le premier en fut quitte pour perdre
un bon dîner ; car le portier d'Anâthapindada, qui avait des ordres
précis de ne recevoir que les bhikṣu, lui ferma au nez la porte à
laquelle il était venu seul et tardivement frapper. Le second y laissa
la vie ; car un hôte de basse caste, incité par une épouse cupide,
lui coupa la tête pour la porter à Açoka et toucher la prime promise
à quiconque mettrait à mort un hérétique. Dans les deux cas, et
que l'issue en soit tragique ou comique, la méprise repose exacte-
ment sur les mêmes faits : Vitaçoka, pour cause de maladie, et
Mahâkâçyapa, à raison d'un de ses longs séjours accoutumés dans
la solitude, n'ont plus que de grossiers haillons et surtout ont
laissé pousser leurs cheveux et leur barbe. Réciproquement nous
reconnaîtrons avant tout un moine bouddhiste à sa tête soigneu-
sement rasée et à l'air de décente propreté qui est resté caracté-