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Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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En dépit de cette passagère défaillance, il est resté pour tous les
bouddhistes le «disciple bien-aimé⁽¹⁾». Loin de faire la moindre
objection à cet engouement des générations postérieures, nous ne
songeons qu'à nous en autoriser pour justifier à son tour l'atten-
tion spéciale dont il bénéficie dans l'école du Gandhâra.
Nous avons déjà rencontré au moins deux bas-reliefs⁽²⁾ consacrés
à ses aventures personnelles (fig. 249 et 250). Nous sommes très
fortement tentés d'en ajouter un troisième : car rien ne serait plus
attendu qu'une représentation de l'important épisode de la fonda-
tion de l'ordre des nonnes. Sur la figure 443 le Maître se trouve-
rait encadré entre sa tante Mahâprajâpatî et son cousin Ânanda,
et celui-ci appuierait les revendications de celle-là. L'essence de
l'arbre qui abrite le Bienheureux s'oppose en effet à ce que nous
considérions ce tableau comme une variante de la donation d'Âmra-
pâlî (cf. fig. 244-245) ; et puis l'attitude du moine, seul debout en
avant de ses confrères assis, prouve assez clairement qu'il joue un
rôle actif dans la scène. Mais d'autre part les textes nous avertissent
que, le jour où le Maître se laissa enfin arracher son consentement,
sa mère adoptive et ses compagnes s'étaient présentées à lui la tête
rasée et déjà revêtues de l'habit monastique⁽³⁾. Il faudrait donc
admettre ou bien qu'Ânanda était déjà intervenu de sa personne
lors de la première et vaine requête de Mahâprajâpatî, ou, plus
simplement, que l'artiste s'est refusé à dépouiller d'avance les
futures pénitentes de leurs atours laïques. Il ne ménageait pas seu-
lement ainsi un heureux contraste entre les deux moitiés, gauche
et droite, de la composition : il évitait du même coup la confusion
presque inévitable que la tonsure et l'identité du costume engen-
drent entre bhikṣu et bhikṣuṇî. Pour n'en citer qu'un exemple, ce
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