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0312 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 312 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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chapitre, c'était uniquement pour éviter d'inutiles répétitions. Ici
même notre tâche spéciale d'iconographe sera singulièrement
allégée par le fait que la plupart des signes, encore que corporels,
ou bien demeurent invisibles, ou bien échappent, sinon à tous
les arts, du moins à la sculpture. Sur les 32 principaux nous
n'avons à retenir pour l'instant que les 13 qui concernent la
tête; sur ce nombre nous devons aussitôt éliminer d'une part
la voix douce et profonde (nº 10), l'exquisité du goût (nº 11), la
langue longue et mince (nº 12), les quarante dents blanches régu-
lières et bien jointes (nº 7-9), d'autre part les longs cils (nº 4-5)
et la couleur bleuâtre des yeux (nº 6). Le front large et uni (nº 8)
et la mâchoire de lion (nº 13) ne sont que des indications d'ordre
esthétique forcément imprécises et par suite sujettes à caution⁽¹⁾.
Restent, outre les cheveux bouclés vers la droite (nº 2), les deux
marques caractéristiques dont les noms techniques sont l'ūrṇā
(nº 3) et, assure-t-on, l'uṣṇīṣa (nº 1).

L'ūrṇā. — Le cas de la première est des plus simples : tous les
témoignages sont concordants. Le mot désigne proprement un
flocon de laine; le Lalita-vistara nous explique qu'il s'agit ici d'une
petite touffe laineuse « qui était née entre les sourcils », sans doute
à leur point de rencontre; car cette marque n'est glosée dans la
seconde liste que par quatre épithètes se rapportant aux sourcils
qui sont réguliers, brillants, noirs et réunis⁽²⁾. On conçoit dès lors
que les Tibétains comme les Singhalais aient pu entendre qu'à leur
jonction il s'était formé « un cercle de poils ». De leur côté, nos
artistes se sont docilement conformés à cette donnée, mais tout
naturellement avec leurs moyens de sculpteurs : aussi ont-ils com-
munément représenté l'ūrṇā, sur le front des Bodhisattvas comme