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0326 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 326 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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l'emplacement du chignon, le signe entre les sourcils, enfin le lobe
distendu et béant des oreilles. Retenez ce dernier détail : c'est pro-
prement le seul qui soit réaliste. Le reste n'est que la combinaison
d'un idéal grec et d'un idéal indien, un mélange d'Apollon et du
Puruṣa; et le caractère presque purement idéaliste de cette figure
ne tardera pas, comme nous verrons, à lui donner quelque acadé-
mique froideur.

Ainsi se recompose le type que nous venons de décomposer, car
l'art partage avec la nature le don mystérieux de fondre en un tout
cohérent, voire vivant, les caractères les plus disparates. Mais ce
qui nous importe surtout ici, c'est que le type du Buddha — on
n'en peut plus douter après l'avoir vu naître — n'est en définitive
que le type royal et divin que nous avons déjà vu servir pour le
Bodhisattva; seulement il a été dépouillé des insignes laïques du
pouvoir et de l'opulence temporelles. Là réside tout le secret de la
transformation. Étant donné une figure de Siddhârtha, ôtez-lui du
front son turban, des oreilles ses boucles, du cou ses colliers, vous
obtiendrez tout naturellement une tête de Çâkya-muni. A la
rigueur vous pourrez même oublier, sur la lèvre supérieure, la fine
moustache qui s'y joue et que vous trouverez, à l'autre bout de
l'Extrême-Orient, après avoir passé par la Sérinde⁽¹⁾, encore dessinée
au pinceau sur le fond d'or des idoles japonaises (cf. fig. 189, 197
[et les autres panneaux du stûpa de Sikri], 326, 583, etc.) :
le résultat n'en sera pas changé pour si peu, tant les autres
« signes » sont pareils. Voulez-vous en faire l'expérience? Des
exemples matériels vous permettront de saisir le procédé sur le vif.
C'est ainsi que la figure 450, qui est d'un Bodhisattva, à présent
que les boucles de ses oreilles sont brisées, ne diffère en rien de la
figure 449, qui est d'un Buddha, sauf par l'abondance plus luxu-
riante de sa chevelure. Ou encore prenez la face détachée et mal-
heureusement détériorée (l'ûrṇâ a presque disparu par suite de