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0349 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 349 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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ainsi le Bienheureux que pour lui laver les pieds (fig. 232 b).
Plus scrupuleux que les artistes postérieurs du bassin du Gange,
on dirait que nos sculpteurs se sont fait une loi de ne donner au
Maître et aux disciples qu'une pose caractéristiquement indienne,
si caractéristique qu'en Europe nous la qualifions volontiers par le
nom du Buddha. C'est leur éternelle méthode de compensation
qu'une fois de plus ils ont inconsciemment appliquée : à une pos-
ture debout hellénisée correspond une posture assise indianisante.
Celle-ci vaut la peine qu'on s'y arrête un instant, car elle est à
mettre doublement, en théorie comme en pratique, au compte des
mœurs et des traditions locales. Elle est désignée en sanskrit par
le terme technique de padmâsana, qui a d'ailleurs le double sens
d'«attitude» ou de «siège du lotus». C'est en dernière analyse
cette ambiguïté qui est sans doute responsable de la floraison de
tous ces lotus sur lesquels siège l'image du Maître et qui, spora-
diques au Gandhâra (cf. fig. 76-79, 405-408, 458-459), de-
viennent un accessoire constant dans l'iconographie postérieure.
Mais originairement le mot doit s'entendre d'une manière particu-
lière de s'accroupir avec les jambes étroitement repliées et la plante
des pieds retournée en dessus. Si étrangement contournée qu'elle
puisse nous paraître, il faut bien se dire qu'elle est encore cou-
ramment réalisée sous nos yeux par les sâdhu actuels; et ainsi les
artistes gandhâriens n'ont eu qu'à la copier d'après nature. A la
vérité ils ont commencé par dissimuler sous les plis retombants du
manteau monastique une contorsion apparemment pénible à leurs
yeux occidentaux (cf. fig. 455-456, etc.); mais telle est la force
de l'accoutumance que leurs successeurs n'ont pas craint de dévoi-
ler aux yeux l'extraordinaire dislocation des pieds (cf. fig. 79,
405-408, 458-459, etc.). D'autre part, cette «pose du lotus»
a été par excellence et de toute antiquité celle des yogi de l'Inde.
A ces vieux ascètes (1) les Bouddhistes avaient emprunté, en même