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0366 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 366 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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que cette tradition n'était pas ignorée de l'école et qu'il est donc à
propos de la faire intervenir ici. Mais alors une nouvelle question
se greffe sur la première : ne faudrait-il pas voir simplement
dans le grossissement intentionnel du Maître l'effet d'un orthodoxe
désir d'en doubler les proportions par rapport au reste des
humains ? Et qu'on ne croie pas se tirer d'affaire en alléguant que
cette croyance au gigantisme du Buddha, étant absurde, doit être
tardive; qu'elle aura été créée après coup par l'exagération même
du procédé artistique en question et sera née du besoin d'expliquer
l'écart excessif qui se marquait sur les bas-reliefs entre le Maître
et ses disciples... Rien n'est assurément plus délicat que de faire le
départ entre les actions et réactions réciproques qu'exercent l'une
sur l'autre la tradition populaire et l'imagerie religieuse. Mais cette
fois il semble bien que la légende soit décidément antérieure aux
sculptures du Gandhâra : non seulement elle s'y montre d'assez
bonne heure, mais une inscription de la balustrade de Sânchi, où
le donateur d'un pilier se complaît en l'idée qu'il reproduit exacte-
ment la hauteur du Maître, nous paraît y faire directement allu-
sion (1). Tout ce qu'on pourrait dire, c'est donc qu'une superstition
locale a favorisé, en la sanctionnant, l'adoption et même l'aggra-
vation de la convention artistique, dont nous décrivions tout à
l'heure l'évolution apparente. Mais du même coup celle-ci perd le
plus clair de la signification que nous nous plaisions à lui attribuer:
et ce n'est plus uniquement dans l'espoir plus ou moins conscient
d'arriver à s'émanciper un jour de leur bas-relief que les images
centrales grandissent.

Si, mis en défiance, nous nous reportons aux raisons d'ordre
général qui s'étaient d'abord présentées à nous, elles ne résistent
guère mieux à l'examen critique. Nous attacherous d'autant moins
de prix à l'analogie de l'art chrétien, tel que nous le voyons se