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Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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divines, connues des plus vieux textes comme des plus anciennes
sculptures, ne nous faisaient pas sortir du cercle ordinaire des
croyances indiennes communes. Mais voici que surgissent du fond
de la conscience populaire des constellations iconographiques nou-
velles : évidemment le Bouddhisme est en passe de se fabriquer
un panthéon original. A vrai dire cette mythologie, où l'on voit que
déborde à loisir l'imagination visionnaire de quelque moine illu-
miné, est encore plus vague et monotone que celle dont les fidèles
s'étaient d'abord contentés : mais du moins elle avait à leurs yeux
l'avantage d'être leur création propre. Au lieu d'un échafaudage
étagé de simples dieux⁽¹⁾, ce ne sont plus que Buddhas transcen-
dantaux, tous flanqués de leurs fils spirituels, les Bodhisattvas, et
multipliés à l'infini dans des myriades de mondes⁽²⁾. Telles sont
du moins les apocalypses qui allaient faire fortune dans l'Église
bouddhique et souligner l'avènement d'un ordre de choses nouveau.
Déjà à propos des Bodhisattvas nous avons dû prononcer le nom
de l'extraordinaire transformation qui, d'une secte monastique
indienne, étroitement salutiste et froidement rationnelle, fit une
religion mondiale, toute pénétrée de métaphysique, de piétisme et
de charité. Ce n'est pas le lieu d'examiner comment sa morale
active, sa croyance en la communion des saints et son altruisme
délirant pouvaient se concilier d'une part avec un idéalisme nihi-
listique, de l'autre avec les pratiques machinales d'une dévotion
outrée et une recherche effrénée de ce que nous connaissons
également sous le terme d'«indulgences»⁽³⁾. Mais il nous importe
de savoir si les personnages de la nouvelle mythologie figurent,
oui ou non, au répertoire de l'école gandhârienne, en un mot si
l'art gréco-bouddhique est déjà celui du Mahâyâna.
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