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0408 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 408 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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Bodhisattvas. Où mieux placer son adoration que dans ces divins
moines ou ces princes de la charité et de l'intelligence, en qui,
d'avance, l'adepte se mirait? Évidemment, les Indiens ne pou-
vaient que gagner en largeur de cœur et en élévation d'esprit à se
proposer de tels modèles. Quoi d'étonnant qu'on se soit plu à voir,
dans ces images souriantes ou pensives, des dieux vivants et miséri-
cordieux, capables d'entendre et d'exaucer l'invocation confiante
du fidèle? Et comment la contemplation de leur bénigne majesté
n'aurait-elle pas inspiré une piété plus fervente que la vénération
des reliques commémoratives d'un Maître mort? Ainsi la statuaire
gréco-bouddhique a dû aider à la naissance d'une dévotion déjà tout
imprégnée de sentiments mahâyâniques, et, de ce point de vue
encore, l'école nous ouvre des horizons nouveaux. Les bouddhistes
eux-mêmes semblent avoir eu conscience de la transformation que
l'avènement et la diffusion croissante des idoles avaient introduite
dans leur religion. Aux simples et froides pratiques de la vieille
secte monastique se substituaient avec elles les pompes et les fer-
veurs d'un véritable culte de latrie : ne serait-ce pas à cette sub-
stitution que correspondent les curieuses expressions par lesquelles
les Chinois auraient distingué l'« ancienne loi » de la nouvelle « loi
des images » ? On a pu un instant se le demander(1). Ce qui est
certain, c'est l'universel triomphe de cette dernière et le nombre
infini d'œuvres d'art dont elle a couvert tout l'Orient de l'Asie.

Loin de nous l'idée de prétendre que le succès soit toujours une
justification ! Puis ce serait trop beau — et peut-être aussi,
avouons-le tout bas, fort ennuyeux — si l'idéal seul avait eu droit
de cité dans l'iconographie gandhârienne. Nos sculpteurs n'étaient
pas des apôtres et, dussions-nous le déplorer, l'art n'était pas pour
eux un sacerdoce. Naturellement, leur principal souci était de
gagner leur vie. Fournisseurs plus attentifs aux désirs qu'au salut
de leur clientèle, ils ne se sont nullement cantonnés dans les