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0416 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 416 (Grayscale High Resolution Image)

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doi: 10.20676/00000285
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corps idéalement beau, tandis que les livres nous révélaient la
sublimité de leur âme. Mais tous les documents sont loin d'avoir la
même attitude à l'égard de ces produits originaux de la spéculation
et de l'art bouddhiques, et tout de suite l'on devine les services
chronologiques que pourrait nous rendre, si nous parvenions à la
dater, la forme gandhârienne de la tradition figurée. Qu'elle par-
tage avec les plus vieux textes, y compris les parties anciennes du
Divyâvadâna et du Mahâvastu, la croyance messianique en la future
venue de Maitreya, les représentations certaines qu'elle a données
de celui-ci ne nous ont permis sur ce point aucun doute. Déjà, il
devient incertain si, sur la question de la multiplicité des Bodhi-
sattvas, le gros des œuvres de la bonne époque n'est pas débordé par
le préambule du Lalita-vistara. Seules, en tout cas, les composi-
tions apparemment postérieures au 1er siècle de notre ère nous ont
fait pressentir, à moins qu'elles ne le reflètent, le diffus radotage
du Lotus de la Bonne Loi et du Sukhâvati-vyâha. Née et déve-
loppée sur le terrain d'une des quatre grandes sectes primitives,
celle des Sarvâstivâdins, l'école nous a semblé ainsi, vers son
déclin, prête à verser dans ce Mahâyâna à l'avènement duquel —
ne serait-ce que par ses prestigieuses idoles et la dévotion qu'elles
surent inspirer — elle ne dut pas être étrangère. Elle aussi
nous est apparue en pleine évolution et en train de passer du
simple Buddha humain, de la taille des autres personnages, au
gigantesque et surnaturel Bienheureux des dernières apothéoses;
du Bodhisattva-prince que cette terre a vu dans le passé et du
Bodhisattva-brahmane qu'elle verra dans l'avenir, à ceux de leurs
congénères dont, présentement, fourmillent par myriades les autres
univers. Mais bien imprudent qui entreprendrait, dans l'état actuel
de nos connaissances, de délimiter de façon précise les frontières
iconographiques du Mahâyâna et du Hînayâna — ou qui néglige-
rait de tenir compte du sensible retard que, dans leur commune
évolution, l'écriture a toujours sur la langue et l'iconographie sur
la religion.