National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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| 0054 |
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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lienne dans le large chaperon de cobras qui jaillit d'entre leurs
épaules pour s'épanouir au-dessus de leur tête.
Nous reconnaissons là un procédé renouvelé de l'ancienne école
indienne (fig. 468) : la seule différence est qu'au Gandhâra le chape-
ron est presque toujours simple même chez les Nâgas (1), tandis qu'à
Barhut, à Sânchi et à Amarâvatî, il ne l'est que chez les Nâgis;
d'autre part, lors même que le cou de serpent part de la naissance
des reins et s'enroule sur lui-même avant de s'épanouir en capello,
les replis n'en sont pas visibles des deux côtés du corps comme sur
les images de Mathurâ (fig. 467). A ces détails près, le type est
visiblement emprunté à l'Inde centrale : mais il ne faudrait pas
croire que cette conception fût étrangère au folk-lore du Nord-
Ouest. Hiuan-tsang a recueilli en Udyâna l'histoire d'une jeune
Nâgî qu'un roi du pays avait épousée pour sa beauté et à qui le
chaperon de cobras issait fort inopportunément de la nuque au
milieu des ivresses de l'amour (2). Car, soit dit en passant, les
unions entre humains et Nâgas ne sont pas rares dans la légende ;
et, de tous les sujets d'Alexandre, les Indiens auront été les moins
surpris d'apprendre qu'il était le fils d'un serpent (3).
Comme nous ne faisons pas ici de mythologie ni même d'icono-
graphie comparée, nous ne rappellerons que pour mémoire l'hydre
des Grecs et le dragon des Chinois, qui ne sont après tout que des
Nâgas (4). Mais il est un point sur lequel il vaut la peine d'insister.
Nous avons constaté sur place que la conception du serpent à face
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