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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0094 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
ガンダーラのギリシャ仏教美術 : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / 94 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000285
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OCR読み取り結果

thousiasme et réveillé les souvenirs classiques des amateurs anglo-
indiens. Dans sa ferveur pour la jeune guerrière, Cunningham
tenait qu'elle avait dû être jadis adorée dans quelque temple
indien d'Athènè Promachos. Nous ne songeons certes à contester ni
l'allure occidentale de cette figure, ni ses rapports évidents avec les
Pallas ou les Artémis que portent au revers certaines monnaies
d'Amyntas, de Maüès et d'Azès (1). Il ne faudrait pas toutefois s'exa-
gérer ces ressemblances, ni non plus l'excellence du morceau dont
les proportions sont loin d'être impeccables. Puis l'impitoyable
analogie de figures beaucoup plus médiocres et qui sûrement n'ont
jamais pu prétendre aux honneurs divins (fig. 343 ; cf. A. M. I.,
pl. 91, 2) la force à rabattre singulièrement de ses prétentions.
Enfin l'examen des figures 149, 178-179, 447 (cf. A. M. I., pl. 127)
nous contraint à la reconnaître, sa pique à la main, dans les fonc-
tions très subalternes de gardienne des appartements intérieurs du
palais. C'est elle, ou ses pareilles, qui veillent, en bonnes cham-
brières, sur le sommeil solitaire de Màyâ, ou dorment en faction
devant la chambre nuptiale du Bodhisattva. Et de même qu'elles
ont gardé (d'ailleurs fort mal) le futur Buddha, ce sont elles en-
core qui, toujours appuyées sur leur lance, montent la garde
auprès de ses reliques (fig. 289 et 291).
Il n'est plus possible de nous y tromper : ce n'est qu'une
Yavani, une de ces jeunes filles « grecques » ou soi-disant telles,
mais du moins recrutées dans les pays de l'Ouest, dont nous savons
que les bateaux de la mer Rouge continuèrent longtemps à appro-
visionner les gynécées de l'Inde. Car nous sommes assez bien ren-
seignés à la fois sur cette antique « traite des blanches », et sur le
constant emploi de ces Amazones à la cour des râjas indiens (2). Les