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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0096 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
ガンダーラのギリシャ仏教美術 : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / 96 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000285
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OCR読み取り結果

vraiment une Yavani; et puisque le nom et la chose se sont si long-
temps conservés dans la littérature et les mœurs indiennes, nous
ne pouvons mieux faire que d'emprunter au grand poète en prose
que fut Bâna (1) sa description de la « gardienne de la porte » : « Le
glaive qui, contrairement à la coutume des femmes, pendait à son
flanc gauche, lui donnait une apparence à la fois terrible et char-
mante : telle une tige de santal à laquelle s'enroule un serpent.
A voir les contours de ses seins, blanchis par une épaisse couche de
fard, on l'eût prise pour la Gaṅgâ céleste, au moment où l'éléphant
Airâvata fait émerger les orbes de son front. Quand son image se
reflétait dans les pierreries des aigrettes, on avait l'illusion de voir
la Fortune royale en personne portée sur la tête des grands vas-
saux. Comme l'automne, elle était vêtue d'une blancheur de
cygnes; comme le fil de la hache de Râma, elle avait à sa merci
le cercle des princes; comme les pentes boisées des monts Vindhyas,
elle portait une tige de rotin : elle semblait l'incarnation de la
divinité tutélaire du royaume... » Le couplet est aussi flatteur que
brillant, et, devant la statue de Lahore, nous n'en voudrions pas
retrancher un mot : mais tout de même il ne s'agit dans les deux
cas que d'une portière — ou, pour nous servir du terme plus
noble usité en Amérique, d'une « janitrice ».

LE COSTUME FÉMININ. — Si l'on met à part cette amazone très nette-
ment caractérisée, la plupart des autres figures féminines se
noient dans la monotonie d'un type commun. D'une manière géné-
rale on pourrait peut-être remarquer que, sur les morceaux où
l'influence classique vient à faiblir, la prédominance du goût indi-
gène tend à augmenter l'opulence des formes : il est édifiant de
contraster par exemple, à ce point de vue, les figures 342 et 343.
Pour le reste, du haut en bas de l'échelle, toutes les femmes se
ressemblent et ont, à peu de chose près, même costume, même