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0118 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 118 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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ligne partant du Kaçmîr et traversant tout le continent jusqu'à la mer
de Chine : au Sud de cette limite idéale, on s'habille en principe,
sur la terre ferme et dans les îles(1), avec les deux vêtements
non ajustés que nous avons décrits ci-dessus; mais à l'Ouest,
en Perse, et au Nord, dans le Tibet, la Kachgarie et tout le Tur-
kestan, «comme ces pays sont froids (2), les gens portent toujours
la blouse et la culotte». C'est ce que confirment, pour l'époque
dont nous nous occupons, aussi bien le costume des rois «indo-
scythes» sur leurs monnaies et de Kaniṣka sur la statue récemment
découverte à Mathurâ, que celui de telle figurine de terre cuite
trouvée autour de Khotan (fig. 527). Qu'il y eût déjà des gens de
la Haute-Asie installés au Gandhâra, alors que florissait l'école
gréco-bouddhique, c'est ce dont historiquement nous ne pou-
vons douter, non plus que de la conversion générale de ces enva-
hisseurs au Bouddhisme. Nous ne saurions donc être surpris que
leur costume apparaisse sporadiquement sur nos sculptures et soit
notamment prêté à plus d'un donateur. Lors même que le caprice
de l'artiste l'attribue, pour l'amour de la variété, à quelque héros
de la légende, nous croyons le plus souvent entrevoir, au fond de
cette fantaisie, quelque apparence de raison. Par exemple quand nous
avons rencontré, ainsi figuré sous l'aspect d'un conquérant étranger,
l'un des nobles prétendants aux reliques du Maître (fig. 294), il
nous a semblé saisir dans ce trait une allusion au «roi du pays-
frontière de l'Udyâna», qui passait dans la tradition locale pour en
avoir obtenu sa part; et sur la figure 295, les chameaux ne nous
avaient pas paru une monture moins bien appropriée à son voyage
de retour (cf. I, p. 594). Du moins faut-il retenir le caractère net-
tement exotique de cet habillement comme de cet équipage: il
est hors de doute qu'aux yeux des Indiens les braies suffisaient à