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0156 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 156 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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rendre un compte satisfaisant des origines du culte dont il est l'ob-
jet; et, à l'appui de sa transformation supposée d'avare démon en
génie libéral, on pourrait alléguer l'évolution parallèle de Hâriti,
d'ogresse devenue matrone.

Sa légende. — Mais, encore une fois, sur cette dernière les
renseignements que nous possédons sont des plus explicites, et les
textes prennent la peine de justifier par une légende l'incohérence
de ses avatars. Le Buddha en personne aurait jadis converti la
terrible Yakṣiṇî qui décimait ou (comme il est métaphoriquement
écrit) « dévorait » sans pitié les enfants de Râjagriha. Pour la rame-
ner à des sentiments plus humains, il se serait avisé de lui dérober
pour un temps Piṅgala, le plus jeune et le plus aimé de ses « cinq
cents fils ». Certains racontent même que le Maître cacha Piṅgala
sous son vase à aumônes renversé : et nous voyons en effet, sur des
peintures chinoises, des bandes de démons s'efforcer vainement de
retourner, à grands renforts de chèvres et de leviers, le large bol
qui recouvre le petit génie (1); mais cette scène nous est jusqu'ici
inconnue au Gandhâra. Quoi qu'il en soit, le stratagème réussit. La
douleur que cette séparation momentanée causa à Hâriti la fit ren-
trer en elle-même, ou, pour mieux dire, se mettre à la place des
simples mortelles à qui elle ravissait parfois leur unique progéni-
ture : elle jura de ne plus recommencer. Cependant il faut bien
que tout le monde vive, même les méchants qui se repentent (2).
Sitôt convertie, la Yakṣiṇî fait respectueusement observer au Maître