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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0158 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
ガンダーラのギリシャ仏教美術 : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / 158 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000285
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Yakṣiṇī repentie à ses anciens errements. Enfin, et surtout, avec
un souci monastique du décorum dont nos sculpteurs n'avaient
cure, elle prétend excuser, sous couleur d'un contrat jadis passé
avec le Maître, l'installation au couvent de cette ancienne ogresse et
la régularité du culte qui lui est offert. Nous manquons assurément
d'autorité pour blâmer les moines de la concession qu'ils avaient
ainsi faite aux superstitions populaires. Mais, d'autre part, nous
n'avions pas besoin de tout ce luxe de raisons pour comprendre
que, selon les propres termes de Yi-tsing, l'image de Hârîtî se
trouvât « sous le porche ou dans un coin du réfectoire de tous les
monastères de l'Inde ». Il était aisé de deviner que son autel,
comme celui de son voisin Pâñcika, ne devait pas être l'une des
attractions les moins fréquentées par la clientèle laïque. Si toute
l'humanité souhaite la richesse, aucune population plus que l'in-
dienne ne désire des enfants. Ces sentiments universels et éternels
nous garantissent à eux seuls l'ancienneté et l'ubiquité de cette
dévotion populaire. La coutume notée par Yi-tsing a été érigée en
précepte par le Bṛihat-Svayambhû-purâṇa (1), et continue d'être
observée au Népal. Un passage de Hiuan-tsang nous intéresse plus
directement encore en nous apprenant que le culte et la légende
de la fée avaient été dès longtemps transplantés en plein Gandhâra.
Nous avons eu nous-même la surprise, en suivant dans ce pays les
traces du grand pèlerin, de retrouver, sous un nom qui n'est que
la traduction pathâne du sien, le tertre toujours miraculeux qui
marque l'emplacement de son principal sanctuaire. Il nous paraît
difficile de ne pas voir une preuve du prestige considérable dont elle
jouissait jadis dans la persistance singulière avec laquelle les habi-
tants actuels, quoiqu'en immense majorité musulmans, recourent
pour la guérison des maladies infantiles à une divinité du temps
des Kâfirs (2).