National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books
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L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
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ligne le caractère occidental de l'attribut. Enfin cette corne d'abon-
dance débordant de fleurs et de fruits nous contraint à voir, dans
ce morceau d'allure si classique en dépit de l'indianisation de la
physionomie, une réplique kaçmirie de la Hâriti gréco-bouddhique.
C'est d'ailleurs la seule statue de style nettement gandhârien que
nous ayons rencontrée au cours de notre tournée archéologique au
Kaçmîr : et ce simple aveu nous paraît un argument de plus en
faveur de l'assimilation proposée. Il ne faudrait rien moins que
l'extrême diffusion dont Hâriti nous a déjà donné tant de marques
pour expliquer que cet unique spécimen ait échappé jusqu'à nos
jours au fanatisme musulman et même à l'orthodoxie hindoue.
Si prêts d'ailleurs que les brahmanes locaux fussent à reconnaître
que cette étrange image devait être une « mûrti des Yavanas », ils
ne l'en désignaient pas moins par le nom de Lakṣmî, l'épouse de
Viṣṇu et la déesse indienne de la Fortune ; et il est bien clair que
notre première pensée eût été d'appliquer le même vocable aux
déesses des figures 386-389, si la maritale présence de Pâñcika
ne leur en imposait aussitôt un autre. L'occasion ne saurait être
meilleure pour constater, après MM. Burgess et Grünwedel, que
le type de Çrî ou Lakṣmî semble totalement ignoré de l'école du
Gandhâra (1). Ne serait-ce pas que, dans la région du Nord-Ouest,
le rôle de la déesse de la Fortune a été accaparé, à la faveur du
voisinage du génie des richesses, par la fée de la Fécondité? Sa
popularité nous expliquerait à son tour comment, en dépit du
caractère répugnant pour un Indien de son attribut, le type de la
déesse « à la corne d'abondance » a pu persister jusque sur les mon-
naies des Guptas (pl. V, 22-24). Il n'est pas jusqu'au « lion couchant »
sur lequel cette déesse est parfois assise, qui ne serve aussi, à l'occa-
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