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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0176 |
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
| ガンダーラのギリシャ仏教美術 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
(fig. 499) : car nous tenons dès lors l'explication de la coupe que, à
la différence du type ordinaire du Pâñcika gandhârien, son épigone
tibétain Mahâkâla tient constamment dans sa main droite. Qu'au sur-
plus Yi-tsing le range déjà, non plus parmi les Yakṣas de Kuvèra,
mais parmi les Gaṇas de Mahêçvara, le fait n'a rien qui doive nous
arrêter; il aura sans doute dû à la consonance toute çivaite de son sur-
nom, cette permutation dans l'innombrable armée des génies. Aussi
bien n'est-ce là qu'un cas particulier de l'évolution qui entraînait
alors toutes les croyances superstitieuses de l'Inde vers le syncré-
tisme tantrique. Remarquons seulement que Mahâkâla rencontrait,
comme chef du cortège de son nouveau maître, un dieu non moins
courtaud et grassouillet que lui et qui, à la tête d'éléphant près, lui
ressemblait comme un frère. Même il est à soupçonner que le rat
de l'un, qui parfois vomit aussi des joyaux, n'est qu'une contre-
façon de la mangouste de l'autre. On a déjà deviné que nous
entendions parler de Gaṇapati ou Gaṇeça. Les rapports entre eux
sont indéniables, soit qu'au Tibet Mahâkâla foule frénétiquement
aux pieds son soi-disant chef hiérarchique, soit qu'au Népâl tous
deux se fassent pendant de bonne amitié à l'entrée des sanctuaires
bouddhiques, soit enfin que dans l'Inde Gaṇeça ait supplanté son
rival. Cette substitution s'est-elle opérée sous l'influence des
brahmanes et Mahâkâla s'était-il irrémédiablement compromis
aux yeux de ces derniers par ce que Yi-tsing appelle «sa partialité
naturelle pour les trois joyaux»? Ou le fils de Çiva ne doit-il qu'à
lui-même la conquête des derniers bouddhistes, qui lui ont en effet
ouvert leur panthéon? Toujours est-il qu'en sa qualité de «dieu
du succès», il tient aujourd'hui dans les bazârs de l'Inde la place
que le «génie des richesses» a dû jadis y occuper et qu'il n'a plus
conservée qu'au Népâl (1).
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