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0303 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 303 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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les yeux sur n'importe quel Buddha pour constater que ce judi-
cieux programme a été nettement et constamment violé, au moins
sur un point essentiel : aucun d'eux n'a la tête rasée. Et la raison
dernière de cette anomalie est que leur ancêtre commun, qui fut
(comme nous pensons le démontrer au chapitre XVIII) la création
de l'école du Gandhâra, n'a jamais reçu la tonsure.

Autant l'avouer de suite : si nous pouvions, bouddhistes ou
bouddhisants, dépouiller une longue accoutumance et nous refaire
des yeux neufs, nous serions de prime abord choqués par le carac-
tère ambigu de ce prototype gandhârien du Buddha. Car enfin que
ne cesse de nous ressasser la tradition? Ce n'est pas nous, c'est elle
qui pose au Bodhisattva naissant le fameux dilemne : « Ou bien tu
resteras dans le siècle, et seras un monarque universel; ou bien
tu entreras en religion, et deviendras le sauveur du monde. » La
seconde alternative est supposée réalisée : que voyons-nous pour-
tant sur les figures 201-300, sur la planche II (1), sur la figure 445
et les suivantes? Ce personnage n'est pas un prince, car il n'en a
ni le costume ni les bijoux; mais comment pourrait-on prétendre
que c'est un véritable religieux, puisqu'il n'a pas la tête rasée? Si
c'était un bhikṣu, il n'aurait pas gardé ses cheveux; si c'était un
cakravartin, il n'aurait pas pris l'habit monastique. Moine sans ton-
sure ou roi sans parures, décidément ces étranges images ne sont
franchement ni d'un clerc ni d'un laïque, mais on ne sait quoi
d'hybride et d'incohérent qui n'a de nom dans aucune langue
indienne. Telle est l'indéniable et grave difficulté à laquelle nous
nous heurtons dès le seuil même de notre étude du Buddha gan-
dhârien. Il va de soi qu'une identification si assurée n'en saurait être
un instant compromise : elle n'en demande pas moins à être vérifiée
jusque dans ses fondements. Nous n'y parviendrons qu'à condition
d'analyser dans le moindre détail les éléments composants de cette
hétéroclite figure et, suivant notre méthode ordinaire, de relever à