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『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ

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0344 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
ガンダーラのギリシャ仏教美術 : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / 344 ページ(カラー画像)

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doi: 10.20676/00000285
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OCR読み取り結果

C'est là en tout cas un détail qu'il sied de retenir, ne serait-ce que
pour s'expliquer ces fresques d'Ajaṇṭā qui drapent en fait les
Buddhas dans des saṅghāṭi blanches.

Buddha et Bodhisattva. — Cette saṅghāṭi constitue à son tour la
différence d'aspect la plus tranchée qui sépare le Bodhisattva du
Buddha. Il est facile de constater sur les figures 134, 457, etc.,
qui nous montrent les deux types côte à côte, à quel point ils
voisinent en dépit d'une évidente recherche de la variété. Ôtez à
l'un ses bijoux de grand seigneur ou débarrassez l'autre de son
manteau monastique, et les voilà devenus pareils. Où la confusion
pourrait être surtout à craindre, c'est pendant la période de tran-
sition entre le départ de la maison et l'arrivée à l'illumination par-
faite. Durant cet intervalle Siddhârtha n'a déjà plus ses parures :
mais tout de même il n'est pas encore le Çâkya-muni. Ainsi s'ex-
plique, croyons-nous, le caractère ambigu de certaines statues
originaires de Mathurâ, mais qu'on retrouve jusqu'à Çrâvastî et
Bénarès. M. J. Ph. Vogel les a décrites excellemment en quatre
mots : ce sont des Buddhas sans robe ou des Bodhisattvas sans
ornements (1). En fait ce sont des Bodhisattvas : des inscriptions
l'assurent et l'absence de la saṅghāṭi le prouve; mais leur tête rase
et leurs parures absentes suggèrent invinciblement que les artistes
de Mathurâ ont cherché à réaliser, à l'usage du Prédestiné en
voie de transformation, un type intermédiaire entre le prince et
le moine. C'est là un scrupule dont, on le sait, les sculpteurs du
Gandhâra ne se sont jamais embarrassés. Ils passent sans transition
du Bodhisattva paré comme une châsse au Buddha vêtu de l'habit
régulier, et il en résulte que pendant six ou sept années de sa vie
— à part l'instant fugitif où l'ont défiguré ses exploits ascétiques —