National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0376 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 376 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000285
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

en lin (kṣauma), en soie (kauçeya) et en deux qualités surfines de
laine. L'une de ces dernières, comme l'actuel «pashmina» du
Kaçmîr, était tissée avec la douillette toison qui, pour les garantir
des bises himâlayennes, pousse sous le long poil des chèvres du
Haut-Tibet. A la seconde, extrêmement rare et précieuse et qu'il
ne cite que pour mémoire, il donne le nom de karāla comme si elle
était empruntée au cerf musqué de la montagne. Le point intéres-
sant est que, dans l'Inde, l'hiver de Pêshawar passe pour ri-
goureux, et sa seule évocation suffit à faire frissonner les gens du
bassin du Gange. Les exigences périodiques du climat, jointes aux
relations continuelles avec la Haute-Asie, avaient sûrement répandu
au Gandhâra l'usage des vêtements de laine. Telle est tout à fait
l'impression que nous laisse la façon dont tombe dans l'école le
costume des hommes aussi bien que des femmes. Seuls des lainages
d'une grande finesse avaient à la fois assez de consistance et de
moëlleux pour fournir des plis aussi nombreux et aussi souples. Si
l'on voulait les réaliser à nouveau sur des mannequins, il faudrait
aujourd'hui avoir recours dans l'Inde aux châles de Kaçmîr et de
Rampour ; mais avec ces beaux tissus, ce ne serait qu'un jeu pour
un spécialiste — archéologue ou couturier — de les reproduire.
Ainsi il apparaît bien que les sculpteurs du Gandhâra ont dû être
encouragés par la vue de leurs donatrices et donateurs dans leur
recherche de belles draperies : il est non moins permis de penser
que les heureux effets obtenus par leur art n'auront pas été sans
influence sur les modes indigènes.

Les lignes. — Cette constatation nous amène à nous demander
si, en serrant les choses de près, nous n'arriverions pas à dépister,
jusque dans la façon de traiter le peu de nu qui se montre sous les