国立情報学研究所 - ディジタル・シルクロード・プロジェクト
『東洋文庫所蔵』貴重書デジタルアーカイブ
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| 0389 |
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 |
| ガンダーラのギリシャ仏教美術 : vol.2 |
引用情報
OCR読み取り結果
l'abord confectionnés à l'usage des fidèles d'après les vestiges restés
visibles sur le site des quatre grands pèlerinages, on en était venu à
les considérer comme des représentations autorisées des miracles
dont ces lieux avaient été jadis les témoins (cf. fig. 206, 221,
474-475). Le temps et la distance aidant, il avait fini par
passer en axiome que pour représenter le Bienheureux à l'occasion
de n'importe quel épisode de sa légende, il suffisait de faire ce que
l'on avait toujours fait jusqu'là, à savoir de l'évoquer à l'esprit
par la vue d'une de ses trois armoiries parlantes, arbre, roue ou
stûpa, voire même d'un simple trône (cf. fig. 177, 214, 228). Placés
de but en blanc devant le problème de la figuration du Sauveur
indien, les sculpteurs hellénisés ne pouvaient que lui improviser
une solution toute différente. Non seulement ils étaient de naissance
étrangers à la tradition indigène, mais ils avaient affaire à un
Bouddhisme singulièrement transformé par sa propagation même
et aussi éloigné de ses concepts que de son pays originels. Pour eux
le Buddha ne pouvait être et n'était après tout qu'un dieu comme
tant d'autres, à mettre sur le même pied que cinquante divinités
indiennes, iraniennes ou grecques de leur connaissance — les
mêmes, soit dit en passant, avec lesquelles il voisine sur les mon-
naies du Nord-Ouest (pl. III-V). Une déité de plus ou de moins,
cela n'était pas pour les faire reculer. Afin d'en camper d'emblée
une image suffisamment approchée, il ne fallait que le talent de
fondre harmonieusement au creuset de leur éducation classique les
trois sortes d'ingrédients que concouraient à leur fournir leur fami-
liarité avec le répertoire hellénistique (type d'Apollon), les dires
des donateurs sur les signes de beauté de leur Maître (ûryâ) et
l'observation directe des membres de sa communauté (habit mo-
nastique et lobe distendu des oreilles). C'est bien ainsi, comme
nous l'avons vu(1), qu'ils ont comblé du premier coup et peut-être
même dépassé les vœux de leur clientèle.
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