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0393 L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2
L'art Greco-Bouddhique du Gandhâra : vol.2 / Page 393 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000285
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pagne comme leur ombre, fait de lumière comme celle-ci est
faite de nuit. L'opinion n'est pas moins communément répandue
que les pratiques de la méditation pieuse développent prodigieu-
sement cette sorte d'émanation fluidique. Ce n'est pas dans un
autre feu que Çiva ascète a consumé l'Amour; c'est sous l'aspect
de flammes léchant les parois de sa retraite que les artistes gan-
dhâriens représentent, lors de la subjugation du serpent de
Kâçyapa (fig. 224) ou de la visite du roi du ciel (fig. 246), la brû-
lante ferveur du Maître. D'autres fois c'est de ses épaules mêmes que
s'échappe ce flamboiement (fig. 463), et il est assurément curieux
de retrouver ce même détail miraculeux sur les monnaies des Ku-
ṣaṇas en attendant de le voir attribuer par Hiuan-tsang à Kaniṣka(1).
Les vieux textes admettent d'ailleurs que le lustre du Buddha
ne provient pas seulement de «pointes» ou de «langues» de
flammes, mais qu'il irradie tout autour de son corps sur la largeur
d'une brasse en effaçant l'éclat de mille soleils(2) : et il est en effet des
cas où le Bienheureux se profile en pied sur une gloire flam-
boyante (fig. 261; cf. fig. 263 et 564). Tout ce vieux fonds de
superstitions indo-iraniennes perce ainsi sporadiquement dans nos
sculptures : c'est le sauvageon sur lequel l'artiste indo-grec a greffé
la conception restée classique du nimbe, puis de l'auréole.

Ceux-ci n'ont pas plus tôt pris forme sous son ciseau que la
plume des écrivains se met en devoir de les décrire. Déjà le
Mahâvastu(3) qualifie de mukha-maṇḍala le «cercle» qui environne