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0164 Histoire Générale de la Chine : vol.1
Histoire Générale de la Chine : vol.1 / Page 164 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000288
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les préceptes du Sage cesseraient de répondre aux besoins
d'une vie nouvelle. On ne peut dire que le confucianisme
donne satisfaction aux aspirations les plus élevées de l'âme
humaine; il est la directrice du lettré aujourd'hui pure-
ment athée; il développe la mémoire aux dépens de la rai-
son, mais s'il est une nourriture suffisante pour le fonc-
tionnaire, il ne saurait convenir à la masse du peuple qui
cherche dans les superstitions du taoïsme, dans les invoca-
tions au Buddha, dans le culte des ancêtres, un aliment
intellectuel et moral moins sec que celui que lui fournit la
doctrine terre à terre de Confucius. Il est facile de consta-
ter que, sous les influences extérieures qui se font de jour
en jour sentir davantage dans l'Extrême-Orient, le peuple
chinois est troublé dans sa quiétude : le confucianisme,
devenant insuffisant pour satisfaire aux besoins d'une
situation nouvelle, prendra place forcément un jour parmi
les théories qui n'ont plus d'intérêt que pour le philosophe
de cabinet.

Toutefois, il est juste de dire que c'est Confucius qui a
donné à la Chine sa véritable tradition et lui a par consé-
quent fourni son élément de durée et son unité dans la
suite des temps.

Un des résultats, le plus grand peut-être, le plus pratique
sans aucun doute de l'enseignement confucianiste, est la
forme donnée à la Piété filiale d'où dérive le Culte des
Ancêtres.

Confucius a donc créé ainsi un système de morale, sur-
tout un système de gouvernement, système ayant pour
base des règles bien déterminées qui révèlent peut-être leur
caractère le plus simple et le plus intelligible dans le Hiao
King, ou Livre de la Piété filiale.

Le caractère Hiao que l'on traduit par « Piété filiale »,
est formé de deux caractères, l'un signifiant « vieillard »,
l'autre signifiant « un fils », en sorte que suivant l'antique
dictionnaire Chou Wen, publié en 100 ap. J.-C., il repré-
sente à l'œil un fils portant un homme âgé, c'est-à-dire un
enfant portant son parent. La piété filiale a été l'objet des
entretiens de Confucius avec son disciple Tseng Tseu ; tel