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0184 Histoire Générale de la Chine : vol.1
Histoire Générale de la Chine : vol.1 / Page 184 (Color Image)

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doi: 10.20676/00000288
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œuvre de l'époque à laquelle il est attribué et Lao Tseu
comme son auteur; il considère le *Tao* comme le point ex-
trême où nous conduisent les choses; c'est donc un phéno-
mène, non pas un être positif, mais une manière d'être. Le
*T'ien* de Confucius et le Ciel des Chrétiens ne sont pas le
*T'ien* des Taoïstes et on ne peut le traduire par Dieu comme
on l'a fait. — Il n'y a aucune idée de création propre dans
le Taoïsme. — L'homme est composé d'un corps et d'un
esprit. — Le but principal du Taoïsme est de conduire à
une longue vie. — Au début, ce Tao a gouverné les hommes,
et alors le monde était dans un état paradisiaque. — La
décadence du Tao commence devant le développement de
la science. — En tête des qualités de l'homme, Lao Tseu
place l'humilité à laquelle il associe la douceur et l'écono-
mie. Il dira (liv. II, chap. XLIII) : le Sage « venge ses injures
par des bienfaits ». On pourra rapprocher cette maxime de
celle de Confucius : le Sage « s'applique sérieusement à la
pratique de la vertu, mesure les autres avec la même mesure
que lui-même, et ne s'écarte guère de la voie de la perfec-
tion. Il évite de faire aux autres ce qu'il n'aime pas que les
autres lui fassent à lui-même ¹ ».

Se-ma T'an, qui a fait la critique des écoles philosophi-
ques, considère l'école du *Tao* comme la synthèse parfaite
de toutes les portions de vérité que contiennent les autres
systèmes. Son taoïsme, souvent obscur, mais élevé, ne res-
semble en rien à celui d'aujourd'hui, mélange de supersti-
tions grossières. M. Chavannes a essayé d'en dégager ainsi
la théorie : « Un principe unique règne au-dessus du monde
et se réalise dans le monde, lui étant à la fois transcendant
et immanent ; il est en même temps ce qui n'a ni forme, ni
son, ni couleur, ce qui existe avant toute chose, ce qui est
innommable, et d'autre part, il est ce qui apparaît dans les
êtres éphémères pour les disposer suivant un type et im-
primer sur eux comme un reflet de la raison suprême. Nous
apercevons ici et là dans la nature les éclairs lumineux par
lesquels il se trahit au sage et nous concevons une vague
idée de sa réalité majestueuse. Mais, parvenu à ces hauteurs,