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| 0186 |
Histoire Générale de la Chine : vol.1 |
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toires qu'en apparence; on peut les concilier en se plaçant
au point de vue de l'éternel devenir ».
M. Chavannes écrit de Se-ma T'an « qu'il avait bien com-
pris le sens de ce merveilleux second chapitre de Tchouang
Tseu où se trouve exposée en un langage platonicien la con-
ciliation des contradictoires » (Mem. hist., I, Int., p. XXI).
Dans son zèle à rattacher les traditions de l'Extrême-
Orient avec celles de l'Occident, Rémusat voudra aussi
prouver la ressemblance des systèmes philosophiques des
Grecs et des Chinois, ressemblance qui, si elle existe, n'im-
plique pas forcément des rapports directs ou même indi-
rects. C'est de Pythagore, de Samos, et du divin Platon que
Rémusat rapproche Lao Tseu :
« Son style , dit Rémusat, a la majesté de celui de Platon,
et, il faut le dire aussi, quelque chose de son obscurité. Il
expose des conceptions toutes semblables presque dans les
mêmes termes, et l'analogie n'est pas moins frappante dans
les expressions que dans les idées ¹ ».
« Il nous dira encore : « que les opinions du philosophe
chinois, sur l'origine et la constitution de l'univers, n'offrent
ni fables ridicules ni choquantes absurdités, qu'elles portent
l'empreinte d'un esprit noble et élevé, et que, dans les su-
blimes rêveries qui les distinguent, elles présentent une con-
formité frappante et incontestable avec la doctrine que
professèrent un peu plus tard les écoles de Pythagore et de
Platon ² ».
Et encore : « Ainsi que Pythagore, il regarde les âmes
humaines comme des émanations de la substance éthérée,
qui vont s'y réunir à la mort, et, de même que Platon, il
refuse aux méchants la faculté de rentrer dans le sein de
l'âme universelle ³ ».
Naturellement Rémusat ne pense pas que Lao Tseu ait
pu entendre parler de Pythagore, né en 569, et de Platon, né
en 429, encore moins, mais il ne se rend pas compte de l'im-
possibilité qu'il y avait pour le Chinois d'avoir entendu
parler de ces derniers.
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