National Institute of Informatics - Digital Silk Road Project
Digital Archive of Toyo Bunko Rare Books

> > > >
Color New!IIIF Color HighRes Gray HighRes PDF   Japanese English
0189 Histoire Générale de la Chine : vol.1
Histoire Générale de la Chine : vol.1 / Page 189 (Color Image)

New!Citation Information

doi: 10.20676/00000288
Citation Format: Chicago | APA | Harvard | IEEE

OCR Text

qu'il n'a pas dit, si sens il y a, peut être avec confiance relé-
gué dans la catégorie des choses inconnues ¹ ».

Giles n'a d'ailleurs pas convaincu Legge qui lui a répon-
du vigoureusement, et puis si le *Tao Te King* est un faux,
les théories de M. Guimet n'auraient plus de raison d'être.
Laissons, je crois, le *Tao Te King* à Lao Tseu, et par con-
séquent à une époque à laquelle la Chine ne pouvait avoir
de relations avec l'Inde.

Au point de vue de l'art, ne regrettons pas la légende du
voyage de Lao Tseu qui a inspiré les artistes. On voit
de beaux bronzes représentant Lao Tseu sur un buffle, et
présentant son ouvrage au respectueux Yin-hi.

L'obscurité du *Tao Te King*, loin d'avoir été dissipée par
les traducteurs étrangers, me paraît avoir été plutôt aug-
mentée par leurs commentaires contradictoires. Les anciens
missionnaires de Pe King tels que Prémare, Bouvet, Foucquet,
n'étudièrent cet ouvrage que dans le but d'y trouver des
passages empruntés aux Saintes Écritures. Le P. Amiot,
l'un des plus connus parmi eux, crut même reconnaître les
trois personnes de la Trinité dans la première phrase du
xiv° chapitre qu'il traduisait ainsi : « Celui qui est comme
visible et ne peut être vu se nomme *Khi* (lisez *I*) ; celui qu'on
ne peut entendre et qui ne parle pas aux oreilles se nomme
*Hi* ; celui qui est comme sensible et qu'on ne peut toucher
se nomme *Wei* ² ». Depuis lors, le chevalier de Paravey a
expliqué le texte de Lao Tseu sur la Trinité, mais il est juste
d'ajouter qu'il était quasi aliéné ³.

On peut dire que la connaissance et même la popularité
du *Tao Te King* sont dues à Abel Rémusat qui a étudié ce
fameux ouvrage dans un mémoire retentissant, lu à l'Aca-
démie des Inscriptions et Belles-Lettres, dans sa séance du
28 juillet 1820. Pauthier s'est essayé à la traduction du
livre (janvier 1838) et Stanislas Julien, qui semble avoir eu
à cœur de refaire les ouvrages de son maître Abel Rémusat,
en donna en 1842 une version complète, qui pendant long-